- 15 mai 2018
Philippe Jordan, Orchestre de l'Opéra national de Paris
Piotr Ilitch Tchaikovski, Symphonies N° 3 et 6
Philharmonie de Paris
Quelle clarté, quelle précision, quelle énergie, quelle douceur ! Brillant !
[Concert] Lars Vogt, Daniel Harding, Orchestre de Paris @ Philharmonie de Paris
- 9 mai 2018
Lars Vogt, Daniel Harding, Orchestre de Paris
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano N° 3 - Johannes Brahms, Symphonie N° 3
Philharmonie de Paris
Madame Maria Joao Pires ayant suspendu sa carrière, c'est à Lars Vogt que revenait la tâche d'accompagner DJ Harding et l'Orchestre de Paris pour une soirée sous le signe du 3 : troisième concerto pour piano de Ludovic de Bonn, troisième symphonie de Johannes (Aimez-vous...) Brahms. Une bien belle soirée, de très beaux moments, d'autres moins emballants, qui, au final, l'emporteraient s'il n'y avait le plaisir inaltérable d'écouter de la musique, et deux superbes oeuvres dans une salle fabuleuse. De ses prémices au romantisme le plus abouti...
Au rayon des (très) belles surprises, le premier mouvement du Concerto. Dès les premières notes se sent la volonté de DJ Harding d'insuffler une vraie énergie à cette oeuvre. La cadence est vive, un brin déstabilisante. Et si Lars Vogt joue le jeu, malgré des premières notes manquant un peu de délié, c'est l'Orchestre de Paris qui a du mal, et qui se traine. Les cordes sont presque fades, les vents roulent au diesel, seuls les cuivres proposent de belles couleurs.
C'est de la partie seule de Lars Vogt que va venir le ravissement. Il se sert de l'énergie impulsée depuis le début pour une attaque très ferme, pleine, chantante. Puis, sans que l'on ne s'en rende compte, s'installe une légèreté sans cesse contrariée, très Debussienne. La surprise est complète, complètement enthousiasmante. Ce sera le moment de grâce de la soirée - avec le Rondo peut-être, auquel Vogt donnera les mêmes accents...
Dans la deuxième partie, on s'ennuierait presque s'il ne s'agissait pas d'une oeuvre exprimant de splendides émotions. Le décalage entre la volonté de DJ Harding et ce que lui rend l'Orchestre est à certains moments quasi palpable. Et l'on ne sait finalement pour qui avoir de la peine : celui qui voudrait nous émerveiller ou ceux qui ne parviennent pas à suivre.
Tout cela ne nous empêchera pas de profiter du plaisir d'un bis, d'encore un peu de DJ Harding...
DK, le 13 mai 2018
Lars Vogt, Daniel Harding, Orchestre de Paris
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano N° 3 - Johannes Brahms, Symphonie N° 3
Philharmonie de Paris
Madame Maria Joao Pires ayant suspendu sa carrière, c'est à Lars Vogt que revenait la tâche d'accompagner DJ Harding et l'Orchestre de Paris pour une soirée sous le signe du 3 : troisième concerto pour piano de Ludovic de Bonn, troisième symphonie de Johannes (Aimez-vous...) Brahms. Une bien belle soirée, de très beaux moments, d'autres moins emballants, qui, au final, l'emporteraient s'il n'y avait le plaisir inaltérable d'écouter de la musique, et deux superbes oeuvres dans une salle fabuleuse. De ses prémices au romantisme le plus abouti...
Au rayon des (très) belles surprises, le premier mouvement du Concerto. Dès les premières notes se sent la volonté de DJ Harding d'insuffler une vraie énergie à cette oeuvre. La cadence est vive, un brin déstabilisante. Et si Lars Vogt joue le jeu, malgré des premières notes manquant un peu de délié, c'est l'Orchestre de Paris qui a du mal, et qui se traine. Les cordes sont presque fades, les vents roulent au diesel, seuls les cuivres proposent de belles couleurs.
C'est de la partie seule de Lars Vogt que va venir le ravissement. Il se sert de l'énergie impulsée depuis le début pour une attaque très ferme, pleine, chantante. Puis, sans que l'on ne s'en rende compte, s'installe une légèreté sans cesse contrariée, très Debussienne. La surprise est complète, complètement enthousiasmante. Ce sera le moment de grâce de la soirée - avec le Rondo peut-être, auquel Vogt donnera les mêmes accents...
Dans la deuxième partie, on s'ennuierait presque s'il ne s'agissait pas d'une oeuvre exprimant de splendides émotions. Le décalage entre la volonté de DJ Harding et ce que lui rend l'Orchestre est à certains moments quasi palpable. Et l'on ne sait finalement pour qui avoir de la peine : celui qui voudrait nous émerveiller ou ceux qui ne parviennent pas à suivre.
Tout cela ne nous empêchera pas de profiter du plaisir d'un bis, d'encore un peu de DJ Harding...
DK, le 13 mai 2018
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[Concert] Anti RubBer brAiN fActOrY @ Studio de l'Ermitage
- 17 avril 2018
Anti RubBer brAiN fActOrY
MArOkAït
Studio de l'Ermitage (Paris 20è)
L'élan de vitalité musicale impulsé l'Anti Rubber Brain Factory de mon ami Yoram Rosilio et de ses compagnons de musique a fait vibrer le studio de l'Ermitage, à l'occasion de la présentation du dernier opus du groupe intitulé Marokaït. Une superbe soirée à la clé.
L'occasion de redire cette banalité, mais bel et bien essentielle : la musique est un art vivant. L'écouter grâce à un CD, un MP3, un vinyl, une bonne vieille cassette (normale ou chrome), c'est déjà un kif. Même dématérialisée par tous les bouts, la musique reste une chose délicieuse. Aller voir les musiciens donner vie à cette musique, c'est tout autre chose.
Merci l'ARBF !
Plus d'infos chez Le Fondeur De Son
DK, le 19 avril 2018
Anti RubBer brAiN fActOrY
MArOkAït
Studio de l'Ermitage (Paris 20è)
L'élan de vitalité musicale impulsé l'Anti Rubber Brain Factory de mon ami Yoram Rosilio et de ses compagnons de musique a fait vibrer le studio de l'Ermitage, à l'occasion de la présentation du dernier opus du groupe intitulé Marokaït. Une superbe soirée à la clé.
L'occasion de redire cette banalité, mais bel et bien essentielle : la musique est un art vivant. L'écouter grâce à un CD, un MP3, un vinyl, une bonne vieille cassette (normale ou chrome), c'est déjà un kif. Même dématérialisée par tous les bouts, la musique reste une chose délicieuse. Aller voir les musiciens donner vie à cette musique, c'est tout autre chose.
Merci l'ARBF !
Plus d'infos chez Le Fondeur De Son
DK, le 19 avril 2018
[Concert] Dominique A @ Philharmonie de Paris
- 14 avril 2018
Dominique A
Philharmonie de Paris
Philharmonie de Paris
A(h) ce gArs ! Il n'est pas le patron - bien trop humble dans tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il est, pour prétendre à un titre aussi ridicule. Il n'est l'héritier de personne - fruit de son époque, d'une forme d'intemporalité aussi. Il n'est la copie de rien, et moins encore de lui-même - totalement inimitable. Il ne fait pas beaucoup de bruit - faudrait-il qu'il en fasse davantage pour que ses contemporains perçoivent combien son talent est rare ? Il n'est ni du star-system, ni de la compromission. Il est là, avec nous, simplement. Un des tout grands de la chanson, Dominique A.
Magnifique concert samedi soir à la Philharmonie de Paris. En formation "électrique", accompagné de ceux qui semblent être les mêmes musiciens que lors de sa précédente tournée - deux batteurs, c'est notable et appréciable -, le ton est très vite donné : aucune concession faite au lieu, de la saturation, du gros son, de la sueur, du rock ! Une setlist très équilibrée, parcourant les différentes époques de sa création. La plus récente, la plus "volumineuse" en termes de son, forcément privilégiée du fait de la formation présente sur scène, mais un vrai travail de réorchestration pour les oeuvres plus anciennes, plus minimales (le même travail sur d'autres, plus récentes)... Surprenant ! Ravissant ! Terrible !
Et surtout, un Dominique A bel et bien présent pour nous. Sa voix, précise, semble inaltérable. Sa musique, pour laquelle il semble déborder de passion à chaque instant. Son charme, pas seulement sur ses déhanchés vigoureux (parfois très Morrisseyiens, non ?). Les échanges entre les chansons avec un public qu'il sait fidèle, nous qui sommes présents pour lui, des mots simples et tendres, faits de l'humilité qui le caractérise si bien.
Restera tout de même un mystère : la salle. Pourquoi ici et pas ailleurs ? Pourquoi opter pour un répertoire rock dans la salle Pierre Boulez, alors que son architecture comme son acoustique se seraient peut-être mieux prêtés à un programme plus intime, tel que celui prévu le lendemain à la Cité de la Musique ? Sa taille ? Mais avec une légère sonorisation, c'était parfait. Manière de récital post-punk, si vous voulez... On ne peut pas dire que le rendu acoustique fut une franche réussite - au contraire de celle du Châtelet lors de la précédente tournée. Pas de quoi nous empêcher de kiffer... Méchamment !
[Je dois bien dire que, si j'ai un grand regret, c'est qu'il ne disposât pas encore de cette salle en 2012, lors de la sortie de Vers les lueurs, et de la tournée avec l'orchestre d'instruments à vent et de cuivres qui l'accompagnait alors... Dans ce lieu, cela aurait été parfait.]
Un grand, Dominique A. Un grand merci, Dominique A.
DK, le 17 avril 2018
[Concert] Noel Gallagher's High Flying Birds @ L'Olympia
- 4 avril 2018
Noel Gallagher's High Flying Birds
L'Olympia
Noel, impeccable. Bonne voix, très peu de faussetés, assez d'énergie pour arriver à faire bouger ses deux sourcils en même temps, humeur plutôt cool, bon choix de chansons, très bien. Son band, agrémenté de Gem Archer, ex-Oasis, impeccable - si je mets de côté cette joueuse de ciseaux (oui, oui) qui m'insupporte, et que j'imagine bien plus sur un stand du salon mondial du Quinoa que sur une scène rock. La scénographie toute en projections en arrière-scène, impeccable - même si les derniers rangs, dans lesquels, en bon agoraphobe que je suis, je me réfugie souvent, ne pouvaient profiter pleinement à cause du balcon. La salle, impeccable. La bière un peu chère mais ça va, le merchandising pas trop. Tout bien. Pourtant y a un truc qui ne colle pas.
Le concert est annoncé à 21h, à 20h59'55, le noir se fait. Les chansons s'enchainent dans une excellente restitution de ce qu'elles sont dans l'album, pas plus. Les "reprises" d'Oasis sont forcément l'occasion d'être un peu surpris, rien de transcendantal néanmoins. Pas la moindre réelle envolée flamboyante sur sa guitare. La setlist est jouée en parfaite copie de celle de la veille (elle a tourné sur les réseaux sociaux), rien n'a bougé. Très peu d'interactions avec la salle, les rares paroles à l'adresse du public sont archi-convenues - pas un mot sur le match de Manchester City en cours, son City, notre City, mais on a droit une énième fois au "j'ai écrit Don't look back in anger à Paris". Et puis cette fin sur All you need is love... limite ringard 2000.
Oh ! C'est quoi ce bordel, Noel ?! On parle rock'n'roll là ou quoi ?! On n'a pas payé une blinde pour comparer notre vieillissement au tien, gars. On est là pour le show ! Musique, sueur, cris, passion, la totale !On n'est pas au salon mondial du quinoa, bordel ! On est des lads ou quoi ?! On est des jeunes ou quoi ?! Car oui, la bonne surprise de la soirée, c'est nous, les jeunes dans la salle. Ambiance assez dingue ! Ca chante, ça danse, ça applaudit avec vigueur, ça se manifeste bien entre les chansons... Est-ce vraiment le même public hyper froid du Zenith en mars 2015 ? Probablement. Comme quoi...
Oui, parce que malgré tout, on a passé un bon moment. Tiens, ne serait-ce que pour avoir chanté tous ensemble Wonderwall, ce fut une très bonne soirée. Pour mon plaisir particulier de l'entendre jouer Half the world away plus encore. Et parce que Manchester est debout aussi quand tu chantes, we love you, Chief.
DK, le 12 avril 2018
Noel Gallagher's High Flying Birds
L'Olympia
Noel, impeccable. Bonne voix, très peu de faussetés, assez d'énergie pour arriver à faire bouger ses deux sourcils en même temps, humeur plutôt cool, bon choix de chansons, très bien. Son band, agrémenté de Gem Archer, ex-Oasis, impeccable - si je mets de côté cette joueuse de ciseaux (oui, oui) qui m'insupporte, et que j'imagine bien plus sur un stand du salon mondial du Quinoa que sur une scène rock. La scénographie toute en projections en arrière-scène, impeccable - même si les derniers rangs, dans lesquels, en bon agoraphobe que je suis, je me réfugie souvent, ne pouvaient profiter pleinement à cause du balcon. La salle, impeccable. La bière un peu chère mais ça va, le merchandising pas trop. Tout bien. Pourtant y a un truc qui ne colle pas.
Le concert est annoncé à 21h, à 20h59'55, le noir se fait. Les chansons s'enchainent dans une excellente restitution de ce qu'elles sont dans l'album, pas plus. Les "reprises" d'Oasis sont forcément l'occasion d'être un peu surpris, rien de transcendantal néanmoins. Pas la moindre réelle envolée flamboyante sur sa guitare. La setlist est jouée en parfaite copie de celle de la veille (elle a tourné sur les réseaux sociaux), rien n'a bougé. Très peu d'interactions avec la salle, les rares paroles à l'adresse du public sont archi-convenues - pas un mot sur le match de Manchester City en cours, son City, notre City, mais on a droit une énième fois au "j'ai écrit Don't look back in anger à Paris". Et puis cette fin sur All you need is love... limite ringard 2000.
Oh ! C'est quoi ce bordel, Noel ?! On parle rock'n'roll là ou quoi ?! On n'a pas payé une blinde pour comparer notre vieillissement au tien, gars. On est là pour le show ! Musique, sueur, cris, passion, la totale !On n'est pas au salon mondial du quinoa, bordel ! On est des lads ou quoi ?! On est des jeunes ou quoi ?! Car oui, la bonne surprise de la soirée, c'est nous, les jeunes dans la salle. Ambiance assez dingue ! Ca chante, ça danse, ça applaudit avec vigueur, ça se manifeste bien entre les chansons... Est-ce vraiment le même public hyper froid du Zenith en mars 2015 ? Probablement. Comme quoi...
Oui, parce que malgré tout, on a passé un bon moment. Tiens, ne serait-ce que pour avoir chanté tous ensemble Wonderwall, ce fut une très bonne soirée. Pour mon plaisir particulier de l'entendre jouer Half the world away plus encore. Et parce que Manchester est debout aussi quand tu chantes, we love you, Chief.
DK, le 12 avril 2018
[Concert] Khatia Buniatishvili @ Philharmonie de Paris
- 6 février 2018
Khatia Buniatishvili
Johannes Brahms, Sonate N° 3 - Piot Ilitch Tchaikovski, Casse noisette - Franz Liszt, Mephisto & Rhapsodie espagnole
Philharmonie de Paris
Parfois, sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'industrie musicale - au sens large - propulse au devant de la scène un ou une artiste qu'elle nous présente comme son nouveau joyau. Il ou elle est en général plutôt jeune, sympathique - dans une certaine idée que l'on se fait de la sympathie dans ces milieux -, présente bien, charismatique lors des interviews... Un bon produit, quoi. Si jamais il ou elle est dotée d'un réel talent, ce n'est que mieux. Mais rassurez-vous, dans le cas contraire, cela n'empêchera pas ce monde du marketing d'en faire sa vitrine. Je pourrais citer un ou deux noms dont on entend bien trop parler dans les médias au regard de ce que leur talent donne sur scène, je passe.
Il faudra plus que Khatia Buniatishvili pour me convaincre que c'est sur leur musicalité que se font les réputations des musiciens de nos jours. Je dois néanmoins reconnaitre que c'est une prestation pour le moins convaincante qu'a livrée la pianiste "à la mode" ce soir-là.
Son entrée, d'abord. Vu comme elle maitrise l'exercice, on imagine qu'elle n'est pas dupe, et qu'elle sait bien que c'est tout autant la star médiatique que la pianiste qui est attendue - je pourrais vous raconter les bavardages d'avant-concert autour de moi. Elle entre, salue rapidement tout autour d'elle, s'assied et joue. Qu'importe si les applauses ne sont pas finies, qu'importe si elle n'est pas bien installée (elle rectifiera rapidement son assise tout en jouant), elle semble être là pour le piano, le piano et rien d'autre. (D')entrée appréciable.
Et là, c'est parti ! Tout d'abord la sonate de Brahms (Robert Schumann dit de cette oeuvre qu'elle ressemblait à une symphonie cachée), qui lui permet d'emblée d'étaler toutes les facettes de son jeu. Sa haute technicité, sa vigueur dans les moments les plus amples - l'attaque du premier mouvement -, sa délicatesse dans les nuances - un mouvement lent d'une émotion incroyable. Les intentions sont justes, le toucher est clair, tout est limpide, c'est très beau. Avec Tchaïkovski, elle ajoute une dose de virtuose, histoire de bien scotcher tout le monde. Vingt minutes d'entracte, histoire de reprendre nos esprits.
Et on repart avec Liszt ! Son piano danse, virevolte, nous envoute, la magie opère. Evidemment, le répertoire plus virtuose de cette deuxième partie de programme lui permet des envolées incroyables. Mais on la suit, on ne peut faire autrement. Et quel plaisir !
Alors oui, tout au long de la soirée, son expression corporelle nous charme - et je parle ici moins de son physique tout en sensualité que des élans de sa tête ou de son buste, le mouvement de ses cheveux, et bien évidemment le ballet de ses bras et ses mains. Mais c'est par ce jeu plein d'éclat, de douceur, de conviction, que Khatia nous met tous dans sa poche. Franc succès, amplement mérité. Un très beau concert.
DK, le 14 février 2018
Khatia Buniatishvili
Johannes Brahms, Sonate N° 3 - Piot Ilitch Tchaikovski, Casse noisette - Franz Liszt, Mephisto & Rhapsodie espagnole
Philharmonie de Paris
Parfois, sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'industrie musicale - au sens large - propulse au devant de la scène un ou une artiste qu'elle nous présente comme son nouveau joyau. Il ou elle est en général plutôt jeune, sympathique - dans une certaine idée que l'on se fait de la sympathie dans ces milieux -, présente bien, charismatique lors des interviews... Un bon produit, quoi. Si jamais il ou elle est dotée d'un réel talent, ce n'est que mieux. Mais rassurez-vous, dans le cas contraire, cela n'empêchera pas ce monde du marketing d'en faire sa vitrine. Je pourrais citer un ou deux noms dont on entend bien trop parler dans les médias au regard de ce que leur talent donne sur scène, je passe.
Il faudra plus que Khatia Buniatishvili pour me convaincre que c'est sur leur musicalité que se font les réputations des musiciens de nos jours. Je dois néanmoins reconnaitre que c'est une prestation pour le moins convaincante qu'a livrée la pianiste "à la mode" ce soir-là.
Son entrée, d'abord. Vu comme elle maitrise l'exercice, on imagine qu'elle n'est pas dupe, et qu'elle sait bien que c'est tout autant la star médiatique que la pianiste qui est attendue - je pourrais vous raconter les bavardages d'avant-concert autour de moi. Elle entre, salue rapidement tout autour d'elle, s'assied et joue. Qu'importe si les applauses ne sont pas finies, qu'importe si elle n'est pas bien installée (elle rectifiera rapidement son assise tout en jouant), elle semble être là pour le piano, le piano et rien d'autre. (D')entrée appréciable.
Et là, c'est parti ! Tout d'abord la sonate de Brahms (Robert Schumann dit de cette oeuvre qu'elle ressemblait à une symphonie cachée), qui lui permet d'emblée d'étaler toutes les facettes de son jeu. Sa haute technicité, sa vigueur dans les moments les plus amples - l'attaque du premier mouvement -, sa délicatesse dans les nuances - un mouvement lent d'une émotion incroyable. Les intentions sont justes, le toucher est clair, tout est limpide, c'est très beau. Avec Tchaïkovski, elle ajoute une dose de virtuose, histoire de bien scotcher tout le monde. Vingt minutes d'entracte, histoire de reprendre nos esprits.
Et on repart avec Liszt ! Son piano danse, virevolte, nous envoute, la magie opère. Evidemment, le répertoire plus virtuose de cette deuxième partie de programme lui permet des envolées incroyables. Mais on la suit, on ne peut faire autrement. Et quel plaisir !
Alors oui, tout au long de la soirée, son expression corporelle nous charme - et je parle ici moins de son physique tout en sensualité que des élans de sa tête ou de son buste, le mouvement de ses cheveux, et bien évidemment le ballet de ses bras et ses mains. Mais c'est par ce jeu plein d'éclat, de douceur, de conviction, que Khatia nous met tous dans sa poche. Franc succès, amplement mérité. Un très beau concert.
DK, le 14 février 2018
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Tchaïkovski
[Concert] David Grimal, Les Dissonances @ Cité de la musique
- 27 janvier 2018
Les Dissonances, David Grimal
Maurice Ravel, Pavane pour une infante défunte & Alborada del gracioso - Edouard Lalo, Symphonie espagnole - Claude Debussy, Iberia
Cité de la musique
La belle découverte du soir, ce ne fut pas la grâce de Les Dissonances, ensemble musical unique, et pas uniquement parce qu'il se passe de chef - quel bonheur, néanmoins. Ce ne fut pas non plus la virtuosité du coup d'archet de David Grimal, très chantant, plein de caractère, de délicatesse aussi. Non, cette belle découverte, ce fut la Symphonie espagnole de Edouard Lalo - étrangement intitulée, car cette oeuvre ressemble davantage à un long concerto pour violon qu'à une symphonie.
Après une Pavane manquant d'un brin de majestueux, voilà le moment du régal. De superbes harmonies, une savante alternance de moments enjoués, très symphoniques, et d'autres plus mélancoliques, hispanisants. Le charme opère tout au long, jusqu'au (bouquet) final, ce Rondo, moment sublime où la virtuosité du violoniste éclate devant nous. Fabuleux ! David Grimal nous enchante, nous transporte, nous élève vers des champs de grâce merveilleux.
Sur sa lancée, il nous délivre un rappel d'une émotion rare, le premier mouvement, intitulé L'Aurore de la Sonate N° 5 de Ysaye.
Conséquence de cette claque totale, je fus bien incapable de suivre quoique ce soit pendant la deuxième partie du concert. Navré Maurice, navré Claude - il me faudra absolument réécouter cette Iberia.
DK, le 5 février 2018
Merci à l'ensemble Les Dissonances.
Les Dissonances, David Grimal
Maurice Ravel, Pavane pour une infante défunte & Alborada del gracioso - Edouard Lalo, Symphonie espagnole - Claude Debussy, Iberia
Cité de la musique
La belle découverte du soir, ce ne fut pas la grâce de Les Dissonances, ensemble musical unique, et pas uniquement parce qu'il se passe de chef - quel bonheur, néanmoins. Ce ne fut pas non plus la virtuosité du coup d'archet de David Grimal, très chantant, plein de caractère, de délicatesse aussi. Non, cette belle découverte, ce fut la Symphonie espagnole de Edouard Lalo - étrangement intitulée, car cette oeuvre ressemble davantage à un long concerto pour violon qu'à une symphonie.
Après une Pavane manquant d'un brin de majestueux, voilà le moment du régal. De superbes harmonies, une savante alternance de moments enjoués, très symphoniques, et d'autres plus mélancoliques, hispanisants. Le charme opère tout au long, jusqu'au (bouquet) final, ce Rondo, moment sublime où la virtuosité du violoniste éclate devant nous. Fabuleux ! David Grimal nous enchante, nous transporte, nous élève vers des champs de grâce merveilleux.
Sur sa lancée, il nous délivre un rappel d'une émotion rare, le premier mouvement, intitulé L'Aurore de la Sonate N° 5 de Ysaye.
Conséquence de cette claque totale, je fus bien incapable de suivre quoique ce soit pendant la deuxième partie du concert. Navré Maurice, navré Claude - il me faudra absolument réécouter cette Iberia.
DK, le 5 février 2018
Merci à l'ensemble Les Dissonances.
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[Concert] Piotr Anderszewki, Jonathan Nott, Orchestre de Paris @ Philharmonie de Paris
- 24 janvier 2018
Piotr Anderszewki, Jonathan Nott, Orchestre de Paris
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano N° 1 - Franz Schubert, Symphonie N° 9
Philharmonie de Paris
Un concert comme un bon vieux repas de famille. Dans le rôle du plat bien traditionnel - mettons, un pot-au-feu -, un concerto de Ludwig et la Grande symphonie de Schubert. Dans le rôle du cousin sympa mais un peu lourd... sympa, hein ?.. mais un peu lourd... l'Orchestre de Paris. Dans le rôle des "nouvelles têtes", trop discrets pour qu'on en sache bien plus à leur sujet en repartant, Piotr Anderszewski au piano et Jonathan Nott à la baguette. Dans le rôle du lieu qu'il est toujours bon de retrouver, la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris. Soirée sympa, tu ressors content, m'enfin c'était pas non plus l'éclate, quoi.
Le concerto ? Interprétation de qualité, malgré de vraies carences en termes de grâce dans le toucher du pianiste - qui en est pourtant capable, comme son brillant bis (Leos Janacek, Sur un sentier recouvert - livre II) l'a prouvé. La symphonie ? Rythmée mais manquant cruellement d'énergie. Le souvenir de la superbe interprétation donnée par le Gewandhaus et le maestro Blomstedt il y a quelques semaines était encore trop vif dans ma mémoire pour que l'Orchestre de Paris ne souffre de la concurrence. Toujours un peu pareil avec ce dernier : plutôt convaincant dans les moments énergiques, beaucoup moins dans les moments plus calme, et au final bien du mal à maintenir une unité tout au long de l'oeuvre.
Pas la folie, c'est clair, mais une chouette soirée tout de même.
DK, le 30 janvier 2018
Piotr Anderszewki, Jonathan Nott, Orchestre de Paris
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano N° 1 - Franz Schubert, Symphonie N° 9
Philharmonie de Paris
Un concert comme un bon vieux repas de famille. Dans le rôle du plat bien traditionnel - mettons, un pot-au-feu -, un concerto de Ludwig et la Grande symphonie de Schubert. Dans le rôle du cousin sympa mais un peu lourd... sympa, hein ?.. mais un peu lourd... l'Orchestre de Paris. Dans le rôle des "nouvelles têtes", trop discrets pour qu'on en sache bien plus à leur sujet en repartant, Piotr Anderszewski au piano et Jonathan Nott à la baguette. Dans le rôle du lieu qu'il est toujours bon de retrouver, la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris. Soirée sympa, tu ressors content, m'enfin c'était pas non plus l'éclate, quoi.
Le concerto ? Interprétation de qualité, malgré de vraies carences en termes de grâce dans le toucher du pianiste - qui en est pourtant capable, comme son brillant bis (Leos Janacek, Sur un sentier recouvert - livre II) l'a prouvé. La symphonie ? Rythmée mais manquant cruellement d'énergie. Le souvenir de la superbe interprétation donnée par le Gewandhaus et le maestro Blomstedt il y a quelques semaines était encore trop vif dans ma mémoire pour que l'Orchestre de Paris ne souffre de la concurrence. Toujours un peu pareil avec ce dernier : plutôt convaincant dans les moments énergiques, beaucoup moins dans les moments plus calme, et au final bien du mal à maintenir une unité tout au long de l'oeuvre.
Pas la folie, c'est clair, mais une chouette soirée tout de même.
DK, le 30 janvier 2018
[Concert] Burnings Heads @ La Maroquinerie
- 1er décembre 2017
Burning Heads
Tournée des trente ans
La Maroquinerie (Paris)
J'étais pourtant un peu mouligas...
Max m'appelle en fin d'aprèm, "Toujours chaud, Davou ?" "Mwèf", que j'me dis. Pas trop envie de voir des gens, et le Paris du vendredi soir encore moins. Mais bon... Ça fait un moment qu'il me parle des Burning Heads, un moment qu'il me parle de ce concert, je sais qu'il l'attend avec impatience. Pour l'ami, je prends sur moi, et lui balance un franc "Yes, Maxou, ready !"... Allez ! Oh, et puis je partirai surement avant la fin...
On se retrouve au Pascalou (c'est le bar qui est juste en dessous de la chambre de Mahdi, lieu d'un bon nombre de fin de soirées en volutes et débats... Pensées pour toi, camarade ! tu nous manques). Une bière ou deux avec ses potes - histoire de rendre le Paris du vendredi soir sympathique... On monte gentiment vers la salle. Il y a Élie avec nous, cool. Max est bien chaud, ça se sent. Ça fait plaisir, tout ça ! Allez, on verra bien...
Tu parles, tout vu ! Après une première partie entre la salle, en bas, et le bar, en haut, l'heure est venue. Les Burning prennent possession de la scène. Deux trois réglages, les balances, et c'est parti ! Et pour eux... Et pour moi ! Leur son rond et léché m'attrape, et ne va pas me lâcher. Deux heures... trois, je sais plus... à bouger, à danser, à kiffer.
En bon timide, je me suis mis au fond de la salle. Et comme ce n'est pas bien grand, La Maroqu', je les vois devant, à se déchainer dès les premières mélodies. Zéro round d'observation. Ça danse, ça chante, ça vit ! La première chanson n'est pas finie que les premiers slameurs se lancent. Les pogos, pareil. La musique est de qualité, l'ambiance est dingue, comment faire autrement que de se s'y mettre aussi !
Et voilà que c'est au tour de Max de se lancer pour le slam ! Ah bon sang, si j'étais un peu moins con, je les rejoindrais, lui et les autres dans la fosse. Vu que je n'arrive pas à faire autre chose que danser, vu comme c'est mou, mou, mou autour de moi, c'est sans doute là-bas qu'est ma place. Tant pis, je me suis fait ma petite fosse dans mon coin, et c'était très bien !
Concert de ouf d'après l'ami Max... Je confirme. Bon anniversaire, Burning Heads !
DK, le 19 décembre 2017
Burning Heads
Tournée des trente ans
La Maroquinerie (Paris)
J'étais pourtant un peu mouligas...
Max m'appelle en fin d'aprèm, "Toujours chaud, Davou ?" "Mwèf", que j'me dis. Pas trop envie de voir des gens, et le Paris du vendredi soir encore moins. Mais bon... Ça fait un moment qu'il me parle des Burning Heads, un moment qu'il me parle de ce concert, je sais qu'il l'attend avec impatience. Pour l'ami, je prends sur moi, et lui balance un franc "Yes, Maxou, ready !"... Allez ! Oh, et puis je partirai surement avant la fin...
On se retrouve au Pascalou (c'est le bar qui est juste en dessous de la chambre de Mahdi, lieu d'un bon nombre de fin de soirées en volutes et débats... Pensées pour toi, camarade ! tu nous manques). Une bière ou deux avec ses potes - histoire de rendre le Paris du vendredi soir sympathique... On monte gentiment vers la salle. Il y a Élie avec nous, cool. Max est bien chaud, ça se sent. Ça fait plaisir, tout ça ! Allez, on verra bien...
Tu parles, tout vu ! Après une première partie entre la salle, en bas, et le bar, en haut, l'heure est venue. Les Burning prennent possession de la scène. Deux trois réglages, les balances, et c'est parti ! Et pour eux... Et pour moi ! Leur son rond et léché m'attrape, et ne va pas me lâcher. Deux heures... trois, je sais plus... à bouger, à danser, à kiffer.
En bon timide, je me suis mis au fond de la salle. Et comme ce n'est pas bien grand, La Maroqu', je les vois devant, à se déchainer dès les premières mélodies. Zéro round d'observation. Ça danse, ça chante, ça vit ! La première chanson n'est pas finie que les premiers slameurs se lancent. Les pogos, pareil. La musique est de qualité, l'ambiance est dingue, comment faire autrement que de se s'y mettre aussi !
Et voilà que c'est au tour de Max de se lancer pour le slam ! Ah bon sang, si j'étais un peu moins con, je les rejoindrais, lui et les autres dans la fosse. Vu que je n'arrive pas à faire autre chose que danser, vu comme c'est mou, mou, mou autour de moi, c'est sans doute là-bas qu'est ma place. Tant pis, je me suis fait ma petite fosse dans mon coin, et c'était très bien !
Concert de ouf d'après l'ami Max... Je confirme. Bon anniversaire, Burning Heads !
DK, le 19 décembre 2017










