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[Concert] Nelson Goerner, Orchestre de Paris, Paavo Järvi @ Philharmonie de Paris

- 23 janvier 2019

Nelson Goerner (suppléant Radu Lupu), Orchestre de Paris, Paavo Järvi
Franz Liszt, Mephisto-walzer - Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano N° 4 - Alexandre Scriabine, Symphoie N° 2
Philharmonie de Paris

(chronique riche et très littéraire à suivre ->) C'était un peu la cata' quand même, hein ?!

DK, fort longtemps après (faut dire)

[Concert] Akiko Suwanai, Paavo Jarvi, Orchestre de Paris @ Philharmonie de Paris

- 29 novembre 2017

Akiko Suwanai, Paavo Järvi, Orchestre de Paris
Jean Sibelius, Concerto pour violon - Dimitri Chostakovitch, Symphonie N° 7 "Leningrad"
Philharmonie de Paris

Je crois que c'est cuit. Je ne pourrai sans doute plus jamais écouter le Concerto pour violon de Sibelius sans que me remonte comme une chose indépassable ce qu'en fit Maxim Vengerov la saison dernière (voir ici et ici). A ce jeu de l'inévitable comparaison, Janine Jansen, déjà avec Paavo Jarvi, s'en était plutôt bien sortie en mars dernier. Cette fois, avec Akiko Suwanai, ça coince.

Elle aurait pourtant pu bénéficier de l'effet Jarvi. Le retour de "notre" ancien directeur musical, c'est toujours un petit évènement pour nous autres (pas vrai, Frédo ?). Et cela le restera, tant ce qu'il a fait de la Symphonie Leningrad est remarquable - la jouer quelques jours après le centenaire de la Révolution d'Octobre, en soit, c'est à saluer.

A cette oeuvre d'une énergie et d'une intensité incroyables (vu le sujet, il ne peut pas en être autrement), Maestro Jarvi a su donner sa patte, cette volonté d'insuffler douceur et nuances, sans rien trahir de l'intention de l'oeuvre, au contraire, pour la sublimer (la Valse Triste qu'il nous avait accordé en guise de rappel la saison dernière était un modèle du genre). Parfaitement soutenu en cela par un pupitre des bois très en forme, et d'une manière générale un Orchestre de Paris au rendez-vous...

... de cette deuxième partie. Car lui non plus n'a pas particulièrement brillé dans son interprétation du Sibelius. Certes, il n'y est qu'un second rôle, et la partition du soliste éclipse tout le reste. Mais comme la star avait bien du mal à remplir son rôle de star... Pas mal de pains, une aisance technique limitée, quelques jolis moments, mais, à mon goût, un hors-sujet total sur le plan de l'émotion. C'est comme si elle était restée pendant toute l'oeuvre sur la retenue qu'exigent les premières mesures (très joliment interprétées cela dit). Problématique dans les parties poignantes ou incisives. Un rappel, dont on se serait bien passé, un mouvement d'une sonate de Bach sans aucun relief.

Heureusement, Chostakovitch...


DK, le 30 novembre 2017

[Concert] Janine Jansen, Paavo Järvi, Orchestre Symphonique de la NHK @ Philharmonie de Paris

- 2 mars 2017

Janine Jansen, Paavo Järvi, NHK Symphony Orchestra
Jean Sibelius, Concerto pour violon - Dmitri Chostakovitch, Symphonie N° 10
Philharmonie de Paris

Ah, Paavo Järvi ! Je nous revois avec Fred, il y a bientôt un an, sur le canap' de son salon, à dévorer le programme tout frais de la saison 2016/17. Déjà nostalgiques de "notre" ancien directeur musical (à la tête de l'Orchestre de Paris de 2010 à 2016), parti s'éclater au Japon, nous n'étions pas passé à côté du programme proposé le 2 mars au soir : le retour de Mister Järvi à Paris ! Qu'importe si cela nous ferait voir deux fois le concerto de Sibelius dans la même saison. La 10 de Chosta que Fred affectionne particulièrement, et surtout retrouver Paavo... On ne pouvait pas rater ça, et on a bien fait.

D'abord Sibelius, très proprement interprété par Janine Jansen, Plus douce que Maxim Vengerov, moins dans la démonstration de puissance, mais un coup d'archet plein de caractère, marquant bien les notes sans trop appuyer dessus, délicat. Elle joue simple, loin du numéro de virtuose, ce qui lui permet de n'être que sur l'émotion. Franche réussite, très beau Sibelius, avec un NHKSO absolument parfait dans le dosage - évidemment sur l'attaque mais tout au long -, bien qu'un peu raide...

Peut-être déjà absorbé par la rigueur technique, rythmique, qu'impose la N° 10 de Chostakovitch ? Je découvrais cette symphonie exigeante, très expressive, plus que sombre. Chostakovitch reprend avec elle son travail de composition symphonique, interrompu après la guerre, pour exprimer ce que cette époque, marquée par le stalinisme, lui inspire. Un sommet de noirceur, ne manquant pas d'une certaine ironie aux entournures. Entendre ce scherzo virulent, qui rugit, qui tempête, et vous explose à la tronche... Lire en sortant que c'est ainsi que Dmitri Chostakovitch a tiré à sa façon le portrait du moustachu sanguinaire, et soudain tout s'éclaire. Musicalement, politiquement, une œuvre follement intéressante.

Et la Paavo's touch ! Toujours cette classe, toujours ce soin de proposer un son plein d'ampleur, de nuances. Un grand monsieur. Comme il doit se régaler avec cet orchestre d'une qualité qui tranche avec celui de Paris. C'était un vrai grand plaisir de vous revoir, Maestro Järvi ! A quand vous voulez !

DK, le 3 mars 2017