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[Concert] Murray Perahia, Acamedy of Saint Martin in the Fields @ Philharmonie de Paris

- 6 novembre 2017

Murray Perahia, Acamedy of Saint Martin in the Fields
Ludwig van Beethoven, Romance N° 2, Symphonie N° 1, Concerto pour piano N° 5 "L'Empereur"
Philharmonie de Paris

Peut-être que j'en attendais trop... Murray Perahia et son Academy of Saint Martin in the Fields étaient de retour à Paris pour boucler la boucle, et conclure le cycle des concertos de Ludovic de Bonn entamé lors de la saison passée. Si ses représentations parisiennes m'avaient charmées sans me faire grimper jusqu'à la canopée - nom de la plateforme oblongue située au-dessus de la scène -, ce qu'ils avaient fait du Concerto N° 4 au Barbican de Londres m'avait totalement bouleversé - une chance incroyable d'y être. C'est rattrapé par le souvenir de ce moment magique que je suis entré dans la salle Pierre Boulez. J'avais tort.

D'abord parce que le programme n'était pas le même : un concerto associé à d'autres types d'oeuvres au lieu de deux concertos enchainés. Ensuite, parce que le concerto en question, le 5, n'est vraiment pas mon préféré. Son mouvement lent, majestueux, superbe, bien sûr, mais l'ensemble est un brin trop martial pour moi. Enfin, parce que chaque soir est différent, et que, depuis le cerveau de l'artiste jusqu'aux tripes de celui ou celle qui l'écoute, il y a une somme d'éléments qui font l'alchimie ou qui ne la font pas. Le courant a eu du mal à passer entre le héros de ma saison 2016/17 et moi ce soir. Pas grave, c'était un vrai plaisir de le revoir, et un beau concert.

D'ailleurs, il n'était pas si mal, cet Empereur. Imbibé de grâce, plein de rondeur, comme pour en estomper la dimension militaire. Surprenant dans un premier temps, très agréable en fait. C'est dans le mouvement lent que j'ai décroché. Lent... Très lent... Voire lourd, comme Perahia sur son piano. Non, ça ne l'a pas fait - c'était cuit pour le Rondo aussi, agréable à écouter néanmoins.

Et cette Romance N° 2, pas si mal non plus. Tomo Keller a eu quelques attaques un peu molles, incertaines, au début de l'oeuvre, mais s'est bien détendu par la suite. Très délicat - je dirais bien un peu trop, mais je ne l'ai jamais entendue par personne d'autre que Itzhak Perlman, "deux salles, deux ambiances", du point du vue du coup d'archet... Une belle interprétation, pleine de douceur.

Mais, pour moi - et je crois qu'il en est de même pour Max et Edmée présents ce soir - la belle surprise de la soirée, c'est cette Symphonie N° 1. Pas la plus connue, mais qui gagne à l'être. Beaucoup de légèreté (très Mozartienne), de la vigueur quand il le faut, notamment dans ce Scherzo (3ème mouv., qui est en fait un Menuet, le seul de toute l"oeuvre symphonique de LVB) au rythme tonitruant, ou dans son Finale qui regorge de musique. Le tout interprété par un ensemble cohérent, et qui joue sans chef - notez-le bien car c'est important. Le grand moment de la soirée.

Allez, c'est probablement un bon souvenir qui restera - quand même !

DK, le jour des cent ans de la Révolution d'Octobre

[Concert] Murray Perahia @ Philharmonie de Paris

- 22 juin 2017

Murray Perahia
Johann Sebastian Bach, Suite française n°6 en mi majeur BWV 817 - Franz Schubert, Impromptus op.142 - Wolfgang Amadeus Mozart, Rondo K.511 - Ludwig van Beethoven, Sonate n°32 op.111
Philharmonie de Paris

Dernier nom au générique : Murray Perahia... Indeed !

Ma saison à la Philharmonie pouvait-elle s'achever autrement qu'avec celui qui en aura tenu le premier rôle ? Premier épisode, ici même en novembre, concertos 1 et 3 de Ludwig, très bien. Deuxième épisode, toujours ici en décembre, concertos 2 et 4 de Ludwig, superbe. Troisième épisode, Barbican London en février, même programme Ludwig que lors du précédent, prodigieux. Quatrième épisode, de retour ici hier soir, un récital de toute beauté qui s'achève sur du Ludwig - saison cohérente jusque dans ses dernières notes.

Une Suite de Bach pour débuter le programme, pleine de lyrisme et de légèreté, collant parfaitement à la saison, au jeu de Murray Perahia. A ce que j'avais envie d'écouter aussi, si j'en juge le mal que j'ai eu à rentrer dans la pièce suivante, plus sombre, des Impromptus de Schubert. Je suis passé totalement à côté du premier, pourtant plein d'une jolie mélancolie. La gravité du deuxième m'a bien rattrapé par l'oreille. Mais c'était peine perdue, j'ai rapidement décroché, pris entre le plaisir Bach et l'impatience Beethoven.

Du coup, mon attention s'est également un peu détournée du Rondo de Mozart. Intuition payante, la sonate de Ludovic de Bonn allait requérir toute mon attention. Découverte d'une oeuvre âpre, poignante, difficile, sur le plan technique pour le pianiste, sur celui de l'émotion pour son auditoire : sombre, sombre, sombre, son premier mouvement ; solennel, énergique, parfois fulgurant - de modernité -, son second.

Dernière sonate composée par Beethoven, la douleur, tant physique que psychique, qui habitait le corps et l'esprit du compositeur durant ses dernières années y est palpable. On y retrouve néanmoins ce processus récurrent dans un bon nombre de ses oeuvres : après la tempête, une forme d'apaisement s'opère. Mais ici, il semble prendre la forme du renoncement. Le tourment et la gravité dont s'est extrait l'orage qui s'est abattu sur nous lors du premier mouvement ayant laissé place au tourment et à la gravité, l'harmonie doit - se - faire avec. C'est l'énergie du désespoir qui nous propulse dans une sorte de transe, qui nous ballote jusqu'à un jazz qui ne peut pas dire son nom. Musique métaphysique, sublimée par l'immense Murray Perahia.

A la saison prochaine, Murray. A la saison prochaine, la Philhar'.

DK

[Concert] Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields @ Barbican Centre

- 20 février 2017

Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields
Ludwig van Beethoven, Coriolan (ouverture) ; Concertos pour piano N° 2 et 4
Barbican Centre (Londres)

Je me répète ? Tant pis. Le Concerto N° 4 de Beethoven est une la merveille. Et ce qu'en a fait Murray Perahia lundi dernier au Barbican Centre de Londres est tout aussi merveilleux. Ludovic de Bonn à l'honneur, même programme que lors du concert donné il y a un peu plus de deux mois à la Philharmonie de Paris. Mais une autre ville, un autre lieu, un autre jour - et le bonheur d'être accompagné par ma soeur.

Un Coriolan dans lequel l'ASMF fait parler son énergie et démontre qu'un orchestre de chambre peut parfaitement faire preuve de toute la vigueur qu'exige cette œuvre - notez, toujours pas de chef, sinon les impulsions données par Tomo Keller au premier violon. Murray Perahia rejoint les siens pour Concerto N° 2. Agréable mais pas de quoi nous soulever. J'y retrouve le Perahia du N° 4 de l'année dernière "chez nous", beaucoup d'allégresse, mais trop de notes loupées, et même quelques pains improbables - un aigu venu de nulle part dans le rondo, presque fun en fait.

A l'entracte, la petite appréhension quant à la suite du programme n'empêche pas le plaisir de quelques remarques snobs sur la salle. "L'architecture ? Oui, bon, c'est joli, c'est boisé, m'enfin c'est pas l'auditorium de la Maison de la Radio non plus... Et l'acoustique... L'acoustique ! Aucune dynamique ! Les violons nous arrivent à peine, c'est juste dingue ! Ah non mais rien-n'à-voir quoi !"

Le concert reprend, et d'emblée, Murray Perahia rassure. Son entame est précise, vive, délicate. Il s'envole, et l'orchestre le suit. D'ailleurs, il oublie totalement ce dernier, ne se consacrant plus qu'à son travail au piano. Il a raison : ce qu'il nous propose est somptueux. Dans ses parties seul bien sûr - celle du premier mouvement (allegro), qui m'a emmenée pas loin de la transe métaphysique - mais tout au long du concerto, son piano chante, illumine, sublime cette partition pleine de lyrisme. Claque totale, une émotion rarement atteinte. Je ne serai pas le seul à me lever pour acclamer Mister Perahia en fin d'interprétation. Quel grand moment !

Remarque gentille de Marie en sortant. "C'est dommage qu'il n'ait pas fait preuve d'un tel brio lors de sa venue à la Philharmonie, tu aurais pu davantage en profiter avec une meilleure acoustique." Que veux-tu, ma soeur, aussi brillants soient-ils, aussi importante que soit leur carrière, ces artistes sont avant tout des hommes et des femmes qui doivent faire avec l'instant, qu'il soit complice ou retors. Presque rassurant, finalement.

DK, le 27 février 2017

[Concert] Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields @ Philharmonie de Paris

- 6 décembre 2016

Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields
Ludwig van Beethoven, Coriolan (ouverture) ; Concertos pour piano N° 2 et 4
Philharmonie de Paris

"- Murray Perahia, mardi, ça te dit ? 
- Plus que tentant, mais je le vois jouer le même programme en février prochain à London avec ma soeur...
- Tu pourras comparer.
- Allez d'accord !"

Julien n'a pas vraiment eu à s'employer pour me convaincre de le suivre à la deuxième soirée parisienne de la tournée Beethovenienne de Murray Perahia et de l'ASMF. Je m'étais pourtant refusé de "doubler" Philharmonie et Barbican - entrainant probablement un peu Fred dans ce refus, j'espère qu'il ne m'en tiendra pas trop rigueur -, mais j'ai craqué. Ce programme, taillé sur mesure ! Mes deux concertos préférés de Ludovic de Bonn et cet air qui nous remonte de bien loin, mon hôte et moi, un soir d'amitié, soir de danse et d'ivresse - prophétisé par Ferré en 1982 dans la chanson nommée "Ludwig" ; il ne sait pas ça, mon ami... Le souvenir des superbes concertos 1 et 3 joués il y a quinze jours par la même équipe... La chance de pouvoir vivre de superbes moments de musique... Difficile de résister - et comment regretter ? Merci Julien.

Et à nouveau cette énergie ! Coriolan, donc, très joliment interprété - notez que l'orchestre joue alors sans chef, et c'est bien quand il n'y a plus de chef . Un Concerto N° 2 tout à fait somptueux. Perahia au sommet dans sa partie solo du premier mouvement, alternance de moments de gravité et de douceur donnant, à mon goût, un souffle très Beethovenien au plus Mozartien des concertos de Ludwig. Et quel entrain ! tout au long de l’œuvre - et du concert. Allez, un brin trop dans le deuxième mouvement pour moi qui suis tenu par la version de Glenn Gould avec Ernest MacMillan.

Un aparté.

Un spectateur assis pas loin de nous a eu la tentation d'applaudir ce deuxième mouvement, et s'est aussitôt fait rembarrer, ce que je trouve profondément injuste. Loin de moi la volonté, avant même de les remettre en cause, d'interroger sur ce que l'on appelle les usages. Tentons un peu de discernement. Quelqu'un que l'on rabroue parce qu'il déroge à la règle quand vient la fin du deuxième mouvement, c'est quelqu'un qui n'y a pas dérogé à la fin du premier. Qui connait donc la règle. Or, si, malgré cela, lui vient malgré tout l'envie de la dépasser, c'est qu'il ou elle a une bonne raison de le faire. Exprimer de la gratitude, de la satisfaction, du plaisir, que sais-je, son sentiment. "La musique, unique vecteeeur d'émôtions !" N'est-ce pas ce qui est écrit dans les très beaux livres rangés dans les très belles bibliothèques de tous ces gens qui font "chuuut" lorsque quelqu'un exprime les siennes ? Vraiment, la loi ne fait pas de sentiment.

Je reprends.

Le Concerto N° 4, mon chouchou... Si mon impression que Perahia a peut-être un peu de mal à garder l'élan qu'il donne à ses interprétations lors de la deuxième partie du concert s'est un peu confirmée (il a bien bouffé quelques notes par ci par là dans le 2 mais moins que dans le 4), l'émotion resta intacte. Léger, très ferme pourtant, un toucher vraiment remarquable. Parfois un peu trop de manières, mais tant de grâce ! Ouais, vraiment, bravo Murray ! Très chaudement salué par le public, en partie debout.

DK, le 7 décembre 2016

[Concert] Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields @ Philharmonie de Paris

- 23 novembre 2016

Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields
Ludwig van Beethoven, Les créatures de Prométhée (ouverture) ; Concertos pour piano N° 1 et 3
Philharmonie de Paris

Il me devait une revanche, Mister Perahia, après son concerto Jeunehomme de Mozart donné l'an passé. C'est chose belle et bien faite ! Un superbe Concerto N° 1 (c'est celui que je connais le moins des deux concertos pour piano de Mozart de Beethoven), un orchestre plein d'énergie - beaucoup apprécié ses attaques très vives -, Perahia sur le même élan, et cela non sans une admirable précision, une délicieuse légèreté, une apaisante douceur. Et si cette grâce ne l'a pas quittée, il a eu un peu de mal à maintenir cet entrain pour le Concerto N° 3 - allant même jusqu'à trébucher sur le rythme dans le premier mouvement (Allegro con brio) - Fredo l'a relevé aussi -, et, allez, peut-être un petit pain dans le rondo. Des imprécisions passant bien inaperçues à côté du talent de Monsieur Perahia, figure mythique de la jeunesse. Chouette soirée.

Bah bravo Murray ! (* Ref. pas nécess.)

On se revoit en février à London !

DK, le 24 novembre 2016

[Concert] Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields @ Philharmonie de Paris

- 26 mai 2016

Murray Perahia - Academy of Saint Martin in the Fields
Mendelssohn, Symphonie No 13 - Mozart, Concerto No 9 Jeunehomme - Schumann, Symphonie No 2
Philharmonie de Paris

Déception. Julien m'avait prévenu, mais je ne voulais pas accorder de crédit à son propos. Murray Perahia, au piano, ce n'est plus ce que c'était. Quelques pains plus ou moins ennuyeux un peu partout pendant son concerto (le plus gênant à l'entame du final du 3ème mouvement). Du coup, cette impression de marcher sur un fil, prêt à se rattraper pendant les déséquilibres, l'émotion en pâtit. Et pourquoi jouer si vite, si forte, les parties pour piano dans le moment lent du 3ème mouvement ? Je n'ai pas bien compris. M'enfin, je dois être totalement à côté de la plaque, puisque le public l'a applaudi à tout rompre. Probablement le même public que celui qui avait applaudi Gil Shaham à la fin du premier mouvement de son concerto de Brahms en février dernier ! (sic) (quel désastre c'était !)

En revanche, rien à redire quant aux symphonies, celle de Mendelssohn (aux consonances très baroques), parfaitement interprétée, et sans chef... Hourra !  (lancée par le premier violon, tout comme David Grimal procède avec le collectif Dissonances), et surtout celle de Schumann... Merveilleuse interprétation, où l'on retrouve toute la délicatesse de Perahia, qui a troqué le piano pour la baguette, et cela sans une vraie dose de caractère. L’œuvre l'exige. Vraiment, cette 2ème symphonie de Schumann est un ravissement pour qui demande à la musique ce qu'il y a de plus sombre dans ce qu'elle a de plus lumineux. Si c'est votre cas, elle mérite que vous l'écoutiez.

Bref, Murray Perahia, si vous me lisez, on a rendez-vous en février prochain au Barbican vous et moi, you see ? Donc là, vu le programme, ça peut, je dis bien, ça peut partir au clash entre vous et moi. Et c'est avec un profond respect et un brin d'affection que je préfère vous prévenir. Je serai avec ma soeur, je l'aime, je veux le top du top pour elle, ok ? On s'est capté ? [Smiley Clin d'oeil complice mais sans effusion] Ca maaaaaarche ! Bises !

PS : Premier post du blog, tous ne seront pas aussi bavards. Ce sont trois oeuvres que je connaissais un peu avant de les écouter ce soir, un recul qui aide à être disert.

DK, 27 mai 2016