- 15 mai 2018
Philippe Jordan, Orchestre de l'Opéra national de Paris
Piotr Ilitch Tchaikovski, Symphonies N° 3 et 6
Philharmonie de Paris
Quelle clarté, quelle précision, quelle énergie, quelle douceur ! Brillant !
Affichage des articles dont le libellé est Tchaïkovski. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tchaïkovski. Afficher tous les articles
[Concert] Khatia Buniatishvili @ Philharmonie de Paris
- 6 février 2018
Khatia Buniatishvili
Johannes Brahms, Sonate N° 3 - Piot Ilitch Tchaikovski, Casse noisette - Franz Liszt, Mephisto & Rhapsodie espagnole
Philharmonie de Paris
Parfois, sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'industrie musicale - au sens large - propulse au devant de la scène un ou une artiste qu'elle nous présente comme son nouveau joyau. Il ou elle est en général plutôt jeune, sympathique - dans une certaine idée que l'on se fait de la sympathie dans ces milieux -, présente bien, charismatique lors des interviews... Un bon produit, quoi. Si jamais il ou elle est dotée d'un réel talent, ce n'est que mieux. Mais rassurez-vous, dans le cas contraire, cela n'empêchera pas ce monde du marketing d'en faire sa vitrine. Je pourrais citer un ou deux noms dont on entend bien trop parler dans les médias au regard de ce que leur talent donne sur scène, je passe.
Il faudra plus que Khatia Buniatishvili pour me convaincre que c'est sur leur musicalité que se font les réputations des musiciens de nos jours. Je dois néanmoins reconnaitre que c'est une prestation pour le moins convaincante qu'a livrée la pianiste "à la mode" ce soir-là.
Son entrée, d'abord. Vu comme elle maitrise l'exercice, on imagine qu'elle n'est pas dupe, et qu'elle sait bien que c'est tout autant la star médiatique que la pianiste qui est attendue - je pourrais vous raconter les bavardages d'avant-concert autour de moi. Elle entre, salue rapidement tout autour d'elle, s'assied et joue. Qu'importe si les applauses ne sont pas finies, qu'importe si elle n'est pas bien installée (elle rectifiera rapidement son assise tout en jouant), elle semble être là pour le piano, le piano et rien d'autre. (D')entrée appréciable.
Et là, c'est parti ! Tout d'abord la sonate de Brahms (Robert Schumann dit de cette oeuvre qu'elle ressemblait à une symphonie cachée), qui lui permet d'emblée d'étaler toutes les facettes de son jeu. Sa haute technicité, sa vigueur dans les moments les plus amples - l'attaque du premier mouvement -, sa délicatesse dans les nuances - un mouvement lent d'une émotion incroyable. Les intentions sont justes, le toucher est clair, tout est limpide, c'est très beau. Avec Tchaïkovski, elle ajoute une dose de virtuose, histoire de bien scotcher tout le monde. Vingt minutes d'entracte, histoire de reprendre nos esprits.
Et on repart avec Liszt ! Son piano danse, virevolte, nous envoute, la magie opère. Evidemment, le répertoire plus virtuose de cette deuxième partie de programme lui permet des envolées incroyables. Mais on la suit, on ne peut faire autrement. Et quel plaisir !
Alors oui, tout au long de la soirée, son expression corporelle nous charme - et je parle ici moins de son physique tout en sensualité que des élans de sa tête ou de son buste, le mouvement de ses cheveux, et bien évidemment le ballet de ses bras et ses mains. Mais c'est par ce jeu plein d'éclat, de douceur, de conviction, que Khatia nous met tous dans sa poche. Franc succès, amplement mérité. Un très beau concert.
DK, le 14 février 2018
Khatia Buniatishvili
Johannes Brahms, Sonate N° 3 - Piot Ilitch Tchaikovski, Casse noisette - Franz Liszt, Mephisto & Rhapsodie espagnole
Philharmonie de Paris
Parfois, sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'industrie musicale - au sens large - propulse au devant de la scène un ou une artiste qu'elle nous présente comme son nouveau joyau. Il ou elle est en général plutôt jeune, sympathique - dans une certaine idée que l'on se fait de la sympathie dans ces milieux -, présente bien, charismatique lors des interviews... Un bon produit, quoi. Si jamais il ou elle est dotée d'un réel talent, ce n'est que mieux. Mais rassurez-vous, dans le cas contraire, cela n'empêchera pas ce monde du marketing d'en faire sa vitrine. Je pourrais citer un ou deux noms dont on entend bien trop parler dans les médias au regard de ce que leur talent donne sur scène, je passe.
Il faudra plus que Khatia Buniatishvili pour me convaincre que c'est sur leur musicalité que se font les réputations des musiciens de nos jours. Je dois néanmoins reconnaitre que c'est une prestation pour le moins convaincante qu'a livrée la pianiste "à la mode" ce soir-là.
Son entrée, d'abord. Vu comme elle maitrise l'exercice, on imagine qu'elle n'est pas dupe, et qu'elle sait bien que c'est tout autant la star médiatique que la pianiste qui est attendue - je pourrais vous raconter les bavardages d'avant-concert autour de moi. Elle entre, salue rapidement tout autour d'elle, s'assied et joue. Qu'importe si les applauses ne sont pas finies, qu'importe si elle n'est pas bien installée (elle rectifiera rapidement son assise tout en jouant), elle semble être là pour le piano, le piano et rien d'autre. (D')entrée appréciable.
Et là, c'est parti ! Tout d'abord la sonate de Brahms (Robert Schumann dit de cette oeuvre qu'elle ressemblait à une symphonie cachée), qui lui permet d'emblée d'étaler toutes les facettes de son jeu. Sa haute technicité, sa vigueur dans les moments les plus amples - l'attaque du premier mouvement -, sa délicatesse dans les nuances - un mouvement lent d'une émotion incroyable. Les intentions sont justes, le toucher est clair, tout est limpide, c'est très beau. Avec Tchaïkovski, elle ajoute une dose de virtuose, histoire de bien scotcher tout le monde. Vingt minutes d'entracte, histoire de reprendre nos esprits.
Et on repart avec Liszt ! Son piano danse, virevolte, nous envoute, la magie opère. Evidemment, le répertoire plus virtuose de cette deuxième partie de programme lui permet des envolées incroyables. Mais on la suit, on ne peut faire autrement. Et quel plaisir !
Alors oui, tout au long de la soirée, son expression corporelle nous charme - et je parle ici moins de son physique tout en sensualité que des élans de sa tête ou de son buste, le mouvement de ses cheveux, et bien évidemment le ballet de ses bras et ses mains. Mais c'est par ce jeu plein d'éclat, de douceur, de conviction, que Khatia nous met tous dans sa poche. Franc succès, amplement mérité. Un très beau concert.
DK, le 14 février 2018
Libellés :
Brahms,
Buniatishvili,
Classique,
Concert,
Liszt,
Philharmonie de Paris,
Tchaïkovski
[Concert] Emanuel Ax, Budapest Festival Orchestra, Ivan Fischer @ Philharmonie de Paris
- 17 octobre 2017
Emanuel Ax, Budapest Festival Orchestra, Ivan Fischer
Johann Sebastian Bach, Suite pour orchestre N° 3 - Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano N° 20 - Piotr Ilitch Tchaïkovski, Symphonie N° 4
Philharmonie de Paris
Voilà le concert qui pourrait bien être la belle surprise de la saison.
Quand tu vas voir le Berliner ou le LSO, tu sais que tu vas en prendre plein les yeux - les oreilles, quoi. Quand tu viens écouter l'oeuvre qui te prend aux tripes depuis toujours, tu sais que l'émotion va te prendre, et qu'elle fera de toi ce qu'elle veut. Pas de problème, comme dirait Léo. Quand, en revanche, tu ne connais pas l'orchestre qui va jouer, tu ne sais pas qu'il va t'éblouir et te transporter. Quand tu ne connais pas l'oeuvre qui va être interprétée, tu ne sais pas que sa beauté va t'exploser à la tronche. L'inattendu, c'est une part d'enchantement qui vient sublimer l'instant. Régal à la Philharmonie de Paris hier soir, avec la venue du Budapest Festival Orchestra, pour une Symphonie N° 4 de Tchaïkovski mémorable. Mémorable !
C'est Emanuel Ax qui m'a mené jusqu'à ce concert. Lui, il m'avait emballé dans un Concerto 2 de Ludwig hyper classique mais impeccable, donné il y a deux saisons. J'étais curieux de voir ce qu'il allait faire de l'un des plus beaux concertos de Mozart. Et vous savez quoi ? Il en a fait précisément ce que je m'attendais qu'il en fasse. Une version très propre, dont le charme reposa davantage sur une précision incroyable que sur un toucher particulièrement gracieux - la proximité dans le temps du récital de Maurizio Pollini joua en sa défaveur, c'est vrai. Beau moment, très attendu, qui ne fut donc pas celui de la belle surprise.
D'abord le Budapest Festival Orchestra. Une formation fondée en 1993 par celui qui la dirigeait hier soir, Ivan Fischer (avec Zoltan Kocsis), qui apporte une preuve éclatante qu'un orchestre n'a pas forcément besoin de se trimballer un glorieux passé pour disposer d'une vraie et belle pâte sonore. Des phrasés pleins de douceur et de moelleux pour Bach - joué "à l'ancienne", debout et par des instruments d'époque. Une belle énergie qui ne va pas le quitter pour Mozart, et qui va littéralement éclater avec Tchaïkovski.
Quelle merveille que cette symphonie 4 ! Un premier mouvement, comme un manifeste tapageur du "mésesepoir", débutant par une tempête de cuivres qui nous arrache à toute chose et qui va nous brinquebaler durant tout le mouvement - durant toute l'oeuvre de manière sous-jacente. A aucun moment la savante alliance toute en légèreté que tenteront la flûte, la clarinette et le hautbois n'arrivera à convaincre. Si c'est de la vie de Tchaïkovski qu'il est question dans cette oeuvre, ce sont bel et bien les trombes tourmentées de la fanfare qui, in fine, imposeront leur loi. Et immanquablement... Terrible ! Fabuleux !
Aux instants poignants qui viennent de clore le premier mouvement succède le long chant mélancolique du deuxième. Longues et courtes mélodies pleines de tristesse, dont on ne sait s'il s'agit d'un baume ou d'un cheminement presque serein vers le renoncement. Sentiment qui pourrait expliquer ce troisième mouvement où de nonchalants pizzicati semblent venir se moquer de tout ça - de tout ordre. "Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien". Comme s'il était possible de se mêler à la fête à laquelle nous invite le Finale. Si l'on y est un instant tenté, une bourrasque de cuivres nous ramène à la gravité de notre sort de vivants - de mortels. Chef-d'oeuvre !
Une énorme claque musicale. Merci le Budapest Festival Orchestra. Merci Tchaïkovski.
DK, le 18 octobre 2017
Emanuel Ax, Budapest Festival Orchestra, Ivan Fischer
Johann Sebastian Bach, Suite pour orchestre N° 3 - Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano N° 20 - Piotr Ilitch Tchaïkovski, Symphonie N° 4
Philharmonie de Paris
Voilà le concert qui pourrait bien être la belle surprise de la saison.
Quand tu vas voir le Berliner ou le LSO, tu sais que tu vas en prendre plein les yeux - les oreilles, quoi. Quand tu viens écouter l'oeuvre qui te prend aux tripes depuis toujours, tu sais que l'émotion va te prendre, et qu'elle fera de toi ce qu'elle veut. Pas de problème, comme dirait Léo. Quand, en revanche, tu ne connais pas l'orchestre qui va jouer, tu ne sais pas qu'il va t'éblouir et te transporter. Quand tu ne connais pas l'oeuvre qui va être interprétée, tu ne sais pas que sa beauté va t'exploser à la tronche. L'inattendu, c'est une part d'enchantement qui vient sublimer l'instant. Régal à la Philharmonie de Paris hier soir, avec la venue du Budapest Festival Orchestra, pour une Symphonie N° 4 de Tchaïkovski mémorable. Mémorable !
C'est Emanuel Ax qui m'a mené jusqu'à ce concert. Lui, il m'avait emballé dans un Concerto 2 de Ludwig hyper classique mais impeccable, donné il y a deux saisons. J'étais curieux de voir ce qu'il allait faire de l'un des plus beaux concertos de Mozart. Et vous savez quoi ? Il en a fait précisément ce que je m'attendais qu'il en fasse. Une version très propre, dont le charme reposa davantage sur une précision incroyable que sur un toucher particulièrement gracieux - la proximité dans le temps du récital de Maurizio Pollini joua en sa défaveur, c'est vrai. Beau moment, très attendu, qui ne fut donc pas celui de la belle surprise.
D'abord le Budapest Festival Orchestra. Une formation fondée en 1993 par celui qui la dirigeait hier soir, Ivan Fischer (avec Zoltan Kocsis), qui apporte une preuve éclatante qu'un orchestre n'a pas forcément besoin de se trimballer un glorieux passé pour disposer d'une vraie et belle pâte sonore. Des phrasés pleins de douceur et de moelleux pour Bach - joué "à l'ancienne", debout et par des instruments d'époque. Une belle énergie qui ne va pas le quitter pour Mozart, et qui va littéralement éclater avec Tchaïkovski.
Quelle merveille que cette symphonie 4 ! Un premier mouvement, comme un manifeste tapageur du "mésesepoir", débutant par une tempête de cuivres qui nous arrache à toute chose et qui va nous brinquebaler durant tout le mouvement - durant toute l'oeuvre de manière sous-jacente. A aucun moment la savante alliance toute en légèreté que tenteront la flûte, la clarinette et le hautbois n'arrivera à convaincre. Si c'est de la vie de Tchaïkovski qu'il est question dans cette oeuvre, ce sont bel et bien les trombes tourmentées de la fanfare qui, in fine, imposeront leur loi. Et immanquablement... Terrible ! Fabuleux !
Aux instants poignants qui viennent de clore le premier mouvement succède le long chant mélancolique du deuxième. Longues et courtes mélodies pleines de tristesse, dont on ne sait s'il s'agit d'un baume ou d'un cheminement presque serein vers le renoncement. Sentiment qui pourrait expliquer ce troisième mouvement où de nonchalants pizzicati semblent venir se moquer de tout ça - de tout ordre. "Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien". Comme s'il était possible de se mêler à la fête à laquelle nous invite le Finale. Si l'on y est un instant tenté, une bourrasque de cuivres nous ramène à la gravité de notre sort de vivants - de mortels. Chef-d'oeuvre !
Une énorme claque musicale. Merci le Budapest Festival Orchestra. Merci Tchaïkovski.
DK, le 18 octobre 2017
Libellés :
Ax,
Bach,
Budapest Festival Orchestra,
Classique,
Concert,
Fischer,
Mozart,
Philharmonie de Paris,
Tchaïkovski
[Concert] Edgar Moreau, Lahav Shani, Orchestre de Paris @ Philharmonie de Paris
- 20 septembre 2017
Edgar Moreau, Lahav Shani, Orchestre de Paris
Serge Prokofiev, Guerre et paix (ouverture) - Dimitri Chostakovitch, Concerto pour violoncelle No 1 - Piotr Ilyitch Tchaïkovski, Symphonie No 6 "Pathétique"
Philharmonie de Paris
De nous deux, c'est mon gars sûr Oeillet Rouge qui est sorti le plus emballé de la Philharmonie ce soir-là. Je pensais donc qu'il allait désannoncer ça. Mais comme ce n'est pas le cas, je m'y colle.
Non parce que ce n'était peut-être pas le concert de l'année, mais c'était quand même pas mal, cette soirée russe. D'abord, l'ouverture de Guerre et Paix, signée Prokofiev, pas mal, pas mal... pas délirant non plus. Puis le Concerto pour violoncelle de Chostakovitch, décidément à l'honneur en ce début de saison. Moment sublime pour Frédo... Moi, j'ai eu un peu plus de mal à suivre. Il faut se le dire une bonne fois pour toutes : l'arrière scène pour le violoncelle, c'est une idée à proscrire. Durant toute l'oeuvre, j'ai vu le tout jeune Edgar Moreau se démener avec son instrument sans vraiment percevoir ce qu'il en faisait. Frustration, guère compensée par le moment Bach en guise de rappel.
Seconde partie avec la Symphonie No 6 dite "Pathétique" de Tchaïkovski. Quelle merveille que ce troisième mouvement. Particulièrement bien interprété par "notre" orchestre. Ah, dans les parties toniques, il répond parfaitement présent, et c'est bon ! C'est dans les moments plus tendres, plus nuancés, qu'il a quand même du mal à me convaincre. Des attaques incertaines, un peu fébriles. M'enfin... Convaincante prestation en revanche de Lahav Shani, qui mène les siens sans partition mais avec une vraie ardeur.
Demain, c'est le retour de Maestro Vengerov. Can't wait !
DK, le 27 septembre 2017
Edgar Moreau, Lahav Shani, Orchestre de Paris
Serge Prokofiev, Guerre et paix (ouverture) - Dimitri Chostakovitch, Concerto pour violoncelle No 1 - Piotr Ilyitch Tchaïkovski, Symphonie No 6 "Pathétique"
Philharmonie de Paris
De nous deux, c'est mon gars sûr Oeillet Rouge qui est sorti le plus emballé de la Philharmonie ce soir-là. Je pensais donc qu'il allait désannoncer ça. Mais comme ce n'est pas le cas, je m'y colle.
Non parce que ce n'était peut-être pas le concert de l'année, mais c'était quand même pas mal, cette soirée russe. D'abord, l'ouverture de Guerre et Paix, signée Prokofiev, pas mal, pas mal... pas délirant non plus. Puis le Concerto pour violoncelle de Chostakovitch, décidément à l'honneur en ce début de saison. Moment sublime pour Frédo... Moi, j'ai eu un peu plus de mal à suivre. Il faut se le dire une bonne fois pour toutes : l'arrière scène pour le violoncelle, c'est une idée à proscrire. Durant toute l'oeuvre, j'ai vu le tout jeune Edgar Moreau se démener avec son instrument sans vraiment percevoir ce qu'il en faisait. Frustration, guère compensée par le moment Bach en guise de rappel.
Seconde partie avec la Symphonie No 6 dite "Pathétique" de Tchaïkovski. Quelle merveille que ce troisième mouvement. Particulièrement bien interprété par "notre" orchestre. Ah, dans les parties toniques, il répond parfaitement présent, et c'est bon ! C'est dans les moments plus tendres, plus nuancés, qu'il a quand même du mal à me convaincre. Des attaques incertaines, un peu fébriles. M'enfin... Convaincante prestation en revanche de Lahav Shani, qui mène les siens sans partition mais avec une vraie ardeur.
Demain, c'est le retour de Maestro Vengerov. Can't wait !
DK, le 27 septembre 2017
Orchestra dell'Accademia Nazionale di Santa Cecilia / Antonio Pappano ~~ Philharmonie de Paris
Après le concerto pour piano N° 1 de Tchaïkovski interprété avec élan par Yuja Wang, une découverte: le compositeur italien Respighi. Deux somptueux poèmes symphoniques menés avec énergie, maîtrise et générosité par le chef Pappano, à la baguette d'un orchestre flamboyant aux sonorités chaudes et assurées. Nous en sommes sortis, avec David, tout bouleversés.
- Gioacchino RossiniOuverture du Siège de Corinthe
- Piotr Ilitch TchaïkovskiConcerto pour piano n° 1
- Entracte
- Ottorino RespighiLes Fontaines de RomeLes Pins de Rome
- Orchestra dell'Accademia Nazionale di Santa Cecilia
- Antonio Pappano, direction
- Yuja Wang, piano
Libellés :
Classique,
Concert,
Orchestra Santa Cecilia,
Pappano,
Philharmonie de Paris,
Respighi,
Rossini,
Tchaïkovski,
Wang
[Concert] Hilary Hahn, Leonard Slatkin, Orchestre National de Lyon @ Philharmonie de Paris
- 9 mai 2017
Hilary Hahn, Leonard Slatkin, Orchestre National de Lyon
John Adams, Chairman dances - Piot Ilitch Tchaïkovski, Concerto pour violon en ré majeur Op. 35 - Hector Berlioz, Symphonie fantastique
Philharmonie de Paris
Bien vrai qu'il est magnifique, ce Concerto pour violon de Piotr Ilitch, hein ? Et alors, quand on a la chance de l'entendre deux fois en très peu de temps, par deux interprètes exceptionnelles, on savoure pleinement. Après Sayaka Shoji en décembre dernier à l'Auditorium de la Maison de la Radio, c'est Hilary Hahn qui venait nous en livrer sa version hier soir à la Philharmonie de Paris. Deux registres totalement différents, avec au moins un point commun, celui de nous amener jusqu'à quelques larmiches, Renaud comme moi... Prodigieux moment de musique. Si je mets la magie Vengerov de côté, c'est sans aucun doute mon plus beau moment de violon depuis Gidon Kremer.
Car oui, ce qu'a fait Hilary hier dépasse ce que firent Sayaka ou Joshua (Bell, vu avec Fredo la saison dernière) en leur temps de la même oeuvre. De la première, elle garde l'impressionnante technique - irréprochable de justesse et de précision d'un bout à l'autre - sans se livrer à la même démonstration de virtuosité absolue. Du second, elle garde la douceur, une volonté de beaucoup de délicatesse - et cela même si, comme le dit Renaud, elle a un son ample, qui occupe pleinement l'espace, un peu à la Perlman en effet. A cela, elle ajoute une sorte de simplicité, de décontraction - qui tiendrait presque de la désinvolture -, alors qu'elle joue l'une des oeuvres pour violons les plus ardues*.
Et c'est là, à mon sens, le prodige. Quand tu connais un peu l'oeuvre, tu attends les moments particulièrement exigeants, voire périlleux, d'un point de vue technique, ou essentiels sur le plan de l'émotion. Tu les guettes, les espérant ou les redoutant selon le ton qui est donné. Avec Mademoiselle Hahn, tu ne les vois pas vraiment venir - en fait, elle t'a attrapé depuis bien longtemps, depuis ses premiers coups d'archet. Elle passe toutes les difficultés avec une aisance telle que tu ne les reconnais pas d'emblée. Ils te viennent avec le reste, dans un tout. Tu reconnais l'instant qui fait pour toi le sublime, bien sûr. Mais il est apparu dans celui qui le précédait, tout aussi sublime, et s'est fondra dans le suivant, sans qu'aucun d'eux n'ait à envier à aucun autre. C'est l'oeuvre en plein.
Moment de grâce absolue, pour tout un chacun dans cette salle. Il ne s'est trouvé personne pour rabrouer les gens qui ont applaudi en plein - milieu du premier - mouvement. Personne non plus pour ne pas applaudir entre les - premier et deuxième - mouvements. L'émotion se fout bien des codes et convenances, et elle a raison. Succès amplement mérité - également pour l'Orchestre National de Lyon, même si plus inspiré par Tchaïkovski que par Berlioz.
Pas évident de passer après un tel moment, même quand on s'appelle Berlioz. En revanche, pièce sympa en début de programme, Chairman dances de John Adams, oeuvre contemporaine entrainante et enjouée, façon musique de film.
DK, le 10 mai 2017
* Ce n'est pas Leopold Auer qui me contredirait. Originellement écrit pour lui, il refusa de jouer ce concerto, le jugeant trop difficile sur le plan technique. Il sera finalement dédié à Adolf Brodsky.
Hilary Hahn, Leonard Slatkin, Orchestre National de Lyon
John Adams, Chairman dances - Piot Ilitch Tchaïkovski, Concerto pour violon en ré majeur Op. 35 - Hector Berlioz, Symphonie fantastique
Philharmonie de Paris
Bien vrai qu'il est magnifique, ce Concerto pour violon de Piotr Ilitch, hein ? Et alors, quand on a la chance de l'entendre deux fois en très peu de temps, par deux interprètes exceptionnelles, on savoure pleinement. Après Sayaka Shoji en décembre dernier à l'Auditorium de la Maison de la Radio, c'est Hilary Hahn qui venait nous en livrer sa version hier soir à la Philharmonie de Paris. Deux registres totalement différents, avec au moins un point commun, celui de nous amener jusqu'à quelques larmiches, Renaud comme moi... Prodigieux moment de musique. Si je mets la magie Vengerov de côté, c'est sans aucun doute mon plus beau moment de violon depuis Gidon Kremer.
Car oui, ce qu'a fait Hilary hier dépasse ce que firent Sayaka ou Joshua (Bell, vu avec Fredo la saison dernière) en leur temps de la même oeuvre. De la première, elle garde l'impressionnante technique - irréprochable de justesse et de précision d'un bout à l'autre - sans se livrer à la même démonstration de virtuosité absolue. Du second, elle garde la douceur, une volonté de beaucoup de délicatesse - et cela même si, comme le dit Renaud, elle a un son ample, qui occupe pleinement l'espace, un peu à la Perlman en effet. A cela, elle ajoute une sorte de simplicité, de décontraction - qui tiendrait presque de la désinvolture -, alors qu'elle joue l'une des oeuvres pour violons les plus ardues*.
Et c'est là, à mon sens, le prodige. Quand tu connais un peu l'oeuvre, tu attends les moments particulièrement exigeants, voire périlleux, d'un point de vue technique, ou essentiels sur le plan de l'émotion. Tu les guettes, les espérant ou les redoutant selon le ton qui est donné. Avec Mademoiselle Hahn, tu ne les vois pas vraiment venir - en fait, elle t'a attrapé depuis bien longtemps, depuis ses premiers coups d'archet. Elle passe toutes les difficultés avec une aisance telle que tu ne les reconnais pas d'emblée. Ils te viennent avec le reste, dans un tout. Tu reconnais l'instant qui fait pour toi le sublime, bien sûr. Mais il est apparu dans celui qui le précédait, tout aussi sublime, et s'est fondra dans le suivant, sans qu'aucun d'eux n'ait à envier à aucun autre. C'est l'oeuvre en plein.
Moment de grâce absolue, pour tout un chacun dans cette salle. Il ne s'est trouvé personne pour rabrouer les gens qui ont applaudi en plein - milieu du premier - mouvement. Personne non plus pour ne pas applaudir entre les - premier et deuxième - mouvements. L'émotion se fout bien des codes et convenances, et elle a raison. Succès amplement mérité - également pour l'Orchestre National de Lyon, même si plus inspiré par Tchaïkovski que par Berlioz.
Pas évident de passer après un tel moment, même quand on s'appelle Berlioz. En revanche, pièce sympa en début de programme, Chairman dances de John Adams, oeuvre contemporaine entrainante et enjouée, façon musique de film.
DK, le 10 mai 2017
* Ce n'est pas Leopold Auer qui me contredirait. Originellement écrit pour lui, il refusa de jouer ce concerto, le jugeant trop difficile sur le plan technique. Il sera finalement dédié à Adolf Brodsky.







