- 17 octobre 2017
Emanuel Ax, Budapest Festival Orchestra, Ivan Fischer
Johann Sebastian Bach, Suite pour orchestre N° 3 - Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano N° 20 - Piotr Ilitch Tchaïkovski, Symphonie N° 4
Philharmonie de Paris
Voilà le concert qui pourrait bien être la belle surprise de la saison.
Quand tu vas voir le Berliner ou le LSO, tu sais que tu vas en prendre plein les yeux - les oreilles, quoi. Quand tu viens écouter l'oeuvre qui te prend aux tripes depuis toujours, tu sais que l'émotion va te prendre, et qu'elle fera de toi ce qu'elle veut. Pas de problème, comme dirait Léo. Quand, en revanche, tu ne connais pas l'orchestre qui va jouer, tu ne sais pas qu'il va t'éblouir et te transporter. Quand tu ne connais pas l'oeuvre qui va être interprétée, tu ne sais pas que sa beauté va t'exploser à la tronche. L'inattendu, c'est une part d'enchantement qui vient sublimer l'instant. Régal à la Philharmonie de Paris hier soir, avec la venue du Budapest Festival Orchestra, pour une Symphonie N° 4 de Tchaïkovski mémorable. Mémorable !
C'est Emanuel Ax qui m'a mené jusqu'à ce concert. Lui, il m'avait emballé dans un Concerto 2 de Ludwig hyper classique mais impeccable, donné il y a deux saisons. J'étais curieux de voir ce qu'il allait faire de l'un des plus beaux concertos de Mozart. Et vous savez quoi ? Il en a fait précisément ce que je m'attendais qu'il en fasse. Une version très propre, dont le charme reposa davantage sur une précision incroyable que sur un toucher particulièrement gracieux - la proximité dans le temps du récital de Maurizio Pollini joua en sa défaveur, c'est vrai. Beau moment, très attendu, qui ne fut donc pas celui de la belle surprise.
D'abord le Budapest Festival Orchestra. Une formation fondée en 1993 par celui qui la dirigeait hier soir, Ivan Fischer (avec Zoltan Kocsis), qui apporte une preuve éclatante qu'un orchestre n'a pas forcément besoin de se trimballer un glorieux passé pour disposer d'une vraie et belle pâte sonore. Des phrasés pleins de douceur et de moelleux pour Bach - joué "à l'ancienne", debout et par des instruments d'époque. Une belle énergie qui ne va pas le quitter pour Mozart, et qui va littéralement éclater avec Tchaïkovski.
Quelle merveille que cette symphonie 4 ! Un premier mouvement, comme un manifeste tapageur du "mésesepoir", débutant par une tempête de cuivres qui nous arrache à toute chose et qui va nous brinquebaler durant tout le mouvement - durant toute l'oeuvre de manière sous-jacente. A aucun moment la savante alliance toute en légèreté que tenteront la flûte, la clarinette et le hautbois n'arrivera à convaincre. Si c'est de la vie de Tchaïkovski qu'il est question dans cette oeuvre, ce sont bel et bien les trombes tourmentées de la fanfare qui, in fine, imposeront leur loi. Et immanquablement... Terrible ! Fabuleux !
Aux instants poignants qui viennent de clore le premier mouvement succède le long chant mélancolique du deuxième. Longues et courtes mélodies pleines de tristesse, dont on ne sait s'il s'agit d'un baume ou d'un cheminement presque serein vers le renoncement. Sentiment qui pourrait expliquer ce troisième mouvement où de nonchalants pizzicati semblent venir se moquer de tout ça - de tout ordre. "Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien". Comme s'il était possible de se mêler à la fête à laquelle nous invite le Finale. Si l'on y est un instant tenté, une bourrasque de cuivres nous ramène à la gravité de notre sort de vivants - de mortels. Chef-d'oeuvre !
Une énorme claque musicale. Merci le Budapest Festival Orchestra. Merci Tchaïkovski.
DK, le 18 octobre 2017
Affichage des articles dont le libellé est Mozart. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mozart. Afficher tous les articles
[Concert] Murray Perahia @ Philharmonie de Paris
- 22 juin 2017
Murray Perahia
Johann Sebastian Bach, Suite française n°6 en mi majeur BWV 817 - Franz Schubert, Impromptus op.142 - Wolfgang Amadeus Mozart, Rondo K.511 - Ludwig van Beethoven, Sonate n°32 op.111
Philharmonie de Paris
Dernier nom au générique : Murray Perahia... Indeed !
Ma saison à la Philharmonie pouvait-elle s'achever autrement qu'avec celui qui en aura tenu le premier rôle ? Premier épisode, ici même en novembre, concertos 1 et 3 de Ludwig, très bien. Deuxième épisode, toujours ici en décembre, concertos 2 et 4 de Ludwig, superbe. Troisième épisode, Barbican London en février, même programme Ludwig que lors du précédent, prodigieux. Quatrième épisode, de retour ici hier soir, un récital de toute beauté qui s'achève sur du Ludwig - saison cohérente jusque dans ses dernières notes.
Une Suite de Bach pour débuter le programme, pleine de lyrisme et de légèreté, collant parfaitement à la saison, au jeu de Murray Perahia. A ce que j'avais envie d'écouter aussi, si j'en juge le mal que j'ai eu à rentrer dans la pièce suivante, plus sombre, des Impromptus de Schubert. Je suis passé totalement à côté du premier, pourtant plein d'une jolie mélancolie. La gravité du deuxième m'a bien rattrapé par l'oreille. Mais c'était peine perdue, j'ai rapidement décroché, pris entre le plaisir Bach et l'impatience Beethoven.
Du coup, mon attention s'est également un peu détournée du Rondo de Mozart. Intuition payante, la sonate de Ludovic de Bonn allait requérir toute mon attention. Découverte d'une oeuvre âpre, poignante, difficile, sur le plan technique pour le pianiste, sur celui de l'émotion pour son auditoire : sombre, sombre, sombre, son premier mouvement ; solennel, énergique, parfois fulgurant - de modernité -, son second.
Dernière sonate composée par Beethoven, la douleur, tant physique que psychique, qui habitait le corps et l'esprit du compositeur durant ses dernières années y est palpable. On y retrouve néanmoins ce processus récurrent dans un bon nombre de ses oeuvres : après la tempête, une forme d'apaisement s'opère. Mais ici, il semble prendre la forme du renoncement. Le tourment et la gravité dont s'est extrait l'orage qui s'est abattu sur nous lors du premier mouvement ayant laissé place au tourment et à la gravité, l'harmonie doit - se - faire avec. C'est l'énergie du désespoir qui nous propulse dans une sorte de transe, qui nous ballote jusqu'à un jazz qui ne peut pas dire son nom. Musique métaphysique, sublimée par l'immense Murray Perahia.
A la saison prochaine, Murray. A la saison prochaine, la Philhar'.
DK
Murray Perahia
Johann Sebastian Bach, Suite française n°6 en mi majeur BWV 817 - Franz Schubert, Impromptus op.142 - Wolfgang Amadeus Mozart, Rondo K.511 - Ludwig van Beethoven, Sonate n°32 op.111
Philharmonie de Paris
Dernier nom au générique : Murray Perahia... Indeed !
Ma saison à la Philharmonie pouvait-elle s'achever autrement qu'avec celui qui en aura tenu le premier rôle ? Premier épisode, ici même en novembre, concertos 1 et 3 de Ludwig, très bien. Deuxième épisode, toujours ici en décembre, concertos 2 et 4 de Ludwig, superbe. Troisième épisode, Barbican London en février, même programme Ludwig que lors du précédent, prodigieux. Quatrième épisode, de retour ici hier soir, un récital de toute beauté qui s'achève sur du Ludwig - saison cohérente jusque dans ses dernières notes.
Une Suite de Bach pour débuter le programme, pleine de lyrisme et de légèreté, collant parfaitement à la saison, au jeu de Murray Perahia. A ce que j'avais envie d'écouter aussi, si j'en juge le mal que j'ai eu à rentrer dans la pièce suivante, plus sombre, des Impromptus de Schubert. Je suis passé totalement à côté du premier, pourtant plein d'une jolie mélancolie. La gravité du deuxième m'a bien rattrapé par l'oreille. Mais c'était peine perdue, j'ai rapidement décroché, pris entre le plaisir Bach et l'impatience Beethoven.
Du coup, mon attention s'est également un peu détournée du Rondo de Mozart. Intuition payante, la sonate de Ludovic de Bonn allait requérir toute mon attention. Découverte d'une oeuvre âpre, poignante, difficile, sur le plan technique pour le pianiste, sur celui de l'émotion pour son auditoire : sombre, sombre, sombre, son premier mouvement ; solennel, énergique, parfois fulgurant - de modernité -, son second.
Dernière sonate composée par Beethoven, la douleur, tant physique que psychique, qui habitait le corps et l'esprit du compositeur durant ses dernières années y est palpable. On y retrouve néanmoins ce processus récurrent dans un bon nombre de ses oeuvres : après la tempête, une forme d'apaisement s'opère. Mais ici, il semble prendre la forme du renoncement. Le tourment et la gravité dont s'est extrait l'orage qui s'est abattu sur nous lors du premier mouvement ayant laissé place au tourment et à la gravité, l'harmonie doit - se - faire avec. C'est l'énergie du désespoir qui nous propulse dans une sorte de transe, qui nous ballote jusqu'à un jazz qui ne peut pas dire son nom. Musique métaphysique, sublimée par l'immense Murray Perahia.
A la saison prochaine, Murray. A la saison prochaine, la Philhar'.
DK
Afterwork - Mozart l'éternel ~~ Philharmonie de Paris
Sérénade n°13 en sol majeur "Petite musique de Nuit", K 525
Bella mia fiamma, Air de concert, K 528
Symphonie n° 38 en ré majeur "Prague", K 504
Soirée Mozart théâtralisée à la découverte de trois œuvres dont la symphonie N° 38 dite de Prague sous la baguette d'un jeune chef de l'orchestre de Paris, Andrei Feher, qui dirigea aussi le bel air de concert interprété par la soprano Sandrine Piau.
FB
[Concert] Maria João Pires, Quatuor Artemis @ Philharmonie de Paris
- 1er mars 2017
Maria João Pires, Quatuor Artemis
Wolfgang Amadeus Mozart, Sonates pour piano K 330, 332, 333 - Ludwig van Beethoven, Quatuor à cordes N° 3 - Robert Schumann, Quatuor à cordes N° 3
Philharmonie de Paris
Superbe soirée avec Maria João Pires, hier soir à la Philharmonie de Paris. Une grande dame, une immense artiste. D'abord, touchante de simplicité : elle arrive dans une tenue décontractée, elle salue le parterre ET l'arrière-scène, hop ! elle s'installe et se met à jouer aussitôt. Qu'importe s'il y a encore du bruit ou du mouvement dans la salle... cool quoi ! Ça change.
Et quand elle joue alors ! Précision incroyable, qui ne renie rien à la douceur, régal absolu. Trois sonates de Mozart, répertoire dont elle est spécialiste, œuvres très chantantes, qu'elle joue avec une belle énergie - sur un rythme assez rapide, me semble-t-il. La Sonate K 332 est vraiment chouette, avec des accents qui friseraient presque avec le jazz. Tout cela est simple, tout cela est beau. Le soixante-douzième printemps de Maria João est resplendissant, il fait souffler sur nous un vent de fraicheur dont on se rengorge.
Pour accompagner ce programme, le quatuor Artemis pour une œuvre de Beethoven, une autre de Schumann, on se demande encore ce qu'ils foutaient là. Apparemment plus inspirés par Schumann que par Beethoven. A peine, hein ?
DK, le 2 février 2017
Maria João Pires, Quatuor Artemis
Wolfgang Amadeus Mozart, Sonates pour piano K 330, 332, 333 - Ludwig van Beethoven, Quatuor à cordes N° 3 - Robert Schumann, Quatuor à cordes N° 3
Philharmonie de Paris
Superbe soirée avec Maria João Pires, hier soir à la Philharmonie de Paris. Une grande dame, une immense artiste. D'abord, touchante de simplicité : elle arrive dans une tenue décontractée, elle salue le parterre ET l'arrière-scène, hop ! elle s'installe et se met à jouer aussitôt. Qu'importe s'il y a encore du bruit ou du mouvement dans la salle... cool quoi ! Ça change.
Et quand elle joue alors ! Précision incroyable, qui ne renie rien à la douceur, régal absolu. Trois sonates de Mozart, répertoire dont elle est spécialiste, œuvres très chantantes, qu'elle joue avec une belle énergie - sur un rythme assez rapide, me semble-t-il. La Sonate K 332 est vraiment chouette, avec des accents qui friseraient presque avec le jazz. Tout cela est simple, tout cela est beau. Le soixante-douzième printemps de Maria João est resplendissant, il fait souffler sur nous un vent de fraicheur dont on se rengorge.
Pour accompagner ce programme, le quatuor Artemis pour une œuvre de Beethoven, une autre de Schumann, on se demande encore ce qu'ils foutaient là. Apparemment plus inspirés par Schumann que par Beethoven. A peine, hein ?
DK, le 2 février 2017
[Concert] Daniel Barenboim, Staatskapelle @ Philharmonie de Paris (samedi)
- 7 janvier 2017
Daniel Barenboim, Staatskapelle Berlin
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano N° 22 - Anton Bruckner, Symphonie N° 3
Philharmonie de Paris
Une deuxième soirée avec la même équipe pleine de confirmations : il est grand temps que je me plonge dans l’œuvre de Mozart (même si ce N° 22 m'a moins bouleversé que le N° 20) ; celle de Bruckner m'ennuie, m'ennuie, m'ennuie (allez, le barrissement des cuivres dans ce premier mouvement (Allegro moderato) très rythmé, pas mal pas mal) ; Daniel Barenboim est un musicien, un pianiste, un chef d'orchestre, un homme admirable ; la Staatskapelle Berlin, un orchestre qui chante merveilleusement ; l'acoustique de la Philharmonie de Paris, un spectacle en soi.
J'ajoute cette banalité : la musique, même celle dite classique, est une chose vivante, faite par des êtres vivants pour d'autres êtres vivants. Ils nous le font un peu oublier parfois, ces interprètes à la technique irréprochable, à la mécanique parfaitement huilée - que dire des règles, des rites, des usages, déshumanisants par essence ! Pour nous le rappeler, ce soir, c'est d'abord Daniel Barenboim qui a quitté quelques minutes son estrade à la fin du premier mouvement de la symphonie. Probablement malade, souvent appuyé sur le garde-corps, s'essuyant régulièrement le visage, tout cela ne l'a pas empêché de diriger sans partition.
Plus tard, et plus inquiétant, c'est le premier contrebassiste qui a quitté la scène en titubant, avant de s'effondrer juste avant la porte de sortie. Je dois bien reconnaitre que la quasi indifférence qui accompagna cette sortie m'a glacée. On continue comme si de rien n'était ? Oui, on continue comme si de rien n'était. Ah ?! Allez, on se dit que ce n'était sans doute qu'un malaise... "The show must go on"... Mouais, ça fait quand même un peu "on te laisser caner dans ton coin, on s'en tape"... J'aimerais bien avoir des nouvelles de ce gars quand même. Je m'en vais voir sur les réseaux.
DK, le 8 janvier 2017
- Aux dernières nouvelles, le contrebassiste va bien, et Barenboim s'est donc blessé au doigt lors du premier mouvement. Avec sa baguette ? En heurtant un pupitre ? A suivre...
Daniel Barenboim, Staatskapelle Berlin
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano N° 22 - Anton Bruckner, Symphonie N° 3
Philharmonie de Paris
Une deuxième soirée avec la même équipe pleine de confirmations : il est grand temps que je me plonge dans l’œuvre de Mozart (même si ce N° 22 m'a moins bouleversé que le N° 20) ; celle de Bruckner m'ennuie, m'ennuie, m'ennuie (allez, le barrissement des cuivres dans ce premier mouvement (Allegro moderato) très rythmé, pas mal pas mal) ; Daniel Barenboim est un musicien, un pianiste, un chef d'orchestre, un homme admirable ; la Staatskapelle Berlin, un orchestre qui chante merveilleusement ; l'acoustique de la Philharmonie de Paris, un spectacle en soi.
J'ajoute cette banalité : la musique, même celle dite classique, est une chose vivante, faite par des êtres vivants pour d'autres êtres vivants. Ils nous le font un peu oublier parfois, ces interprètes à la technique irréprochable, à la mécanique parfaitement huilée - que dire des règles, des rites, des usages, déshumanisants par essence ! Pour nous le rappeler, ce soir, c'est d'abord Daniel Barenboim qui a quitté quelques minutes son estrade à la fin du premier mouvement de la symphonie. Probablement malade, souvent appuyé sur le garde-corps, s'essuyant régulièrement le visage, tout cela ne l'a pas empêché de diriger sans partition.
Plus tard, et plus inquiétant, c'est le premier contrebassiste qui a quitté la scène en titubant, avant de s'effondrer juste avant la porte de sortie. Je dois bien reconnaitre que la quasi indifférence qui accompagna cette sortie m'a glacée. On continue comme si de rien n'était ? Oui, on continue comme si de rien n'était. Ah ?! Allez, on se dit que ce n'était sans doute qu'un malaise... "The show must go on"... Mouais, ça fait quand même un peu "on te laisser caner dans ton coin, on s'en tape"... J'aimerais bien avoir des nouvelles de ce gars quand même. Je m'en vais voir sur les réseaux.
DK, le 8 janvier 2017
- Aux dernières nouvelles, le contrebassiste va bien, et Barenboim s'est donc blessé au doigt lors du premier mouvement. Avec sa baguette ? En heurtant un pupitre ? A suivre...
[Concert] Daniel Barenboim, Staatskapelle @ Philharmonie de Paris (vendredi)
- 6 janvier 2017
Daniel Barenboim, Staatskapelle Berlin
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano N° 20 - Anton Bruckner, Symphonie N° 2
Philharmonie de Paris
Décidément, cette saison 2016-2017 à la Philharmonie de Paris n'est que ravissement ! Encore une magnifique soirée de musique ce vendredi soir, pour le retour de la Staatskapelle Berlin, dirigé par celui qui en est le chef à vie depuis 2000, Daniel Barenboim. Un programme pour le moins prestigieux, avec le Concerto pour piano N° 20 de Mozart et la Symphonie N° 2 de Bruckner. Un résultat brillant, salué par une longue ovation.
Le concerto - qu'il est beau ! -, sans doute pas loin de la perfection. Alors oui, elles ont un peu raison, les petites dames qui parlaient fort l'autre fois dans la navette de retour, "il joue vite, Barenboim, ouh la la !". OK, il joue vite, et cela n'enlève rien à son brio. Il y a sa technique fabuleuse, bien sûr, mais elle ne fait pas tout. Le charme de son toucher, particulièrement la souplesse avec laquelle il passe de ces moments doux, caresses délicates qui t'enivrent, à ces vagues incroyables qui te prennent et t'élèvent, c'est ce qui m'a le plus époustouflé. Cette attaque de la partie solo dans le premier mouvement (Allegro), décollage supersonique vers la grâce ! Totalement subjugué ! - Tiens, il jouait avec le piano totalement ouvert...
Et puis Bruckner. D'un point de vue mélodique, vous ne me direz pas qu'on y gagne, hein ? Je ne le connais pas bien, c'est vrai, mais ça ne passe pas : je m'ennuie en écoutant Bruckner. Sa musique me fait l'impression de sortes de bruits de sirènes (pas celles qui font floc-floc, plutôt celles qui font pin-pon), qui se répètent et s'emplissent, pour s'achever dans quelque chose d'assez bouffi. Bon, Julien que j'accompagnais ce soir, aime bien Bruckner. Et c'est vrai que l'exécution parfaite de la Staatkapelle Berlin a réussi à donner un peu de charme à tout ça. Voire même à rendre assez joli le deuxième mouvement (Adagio) et son long moment de pizzicati.
Le petit moment sympa en plus, c'est de retrouver Edmée, malheureusement venue sans Max, resté dans les parages de Patou. Notre petit moment de mondanité, permettez ! Apparemment emballée comme nous.
Demain, c'est la suite. C'est une sorte de bis en grand. Merci Julien !
DK, le 7 janvier 2017
Daniel Barenboim, Staatskapelle Berlin
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano N° 20 - Anton Bruckner, Symphonie N° 2
Philharmonie de Paris
Décidément, cette saison 2016-2017 à la Philharmonie de Paris n'est que ravissement ! Encore une magnifique soirée de musique ce vendredi soir, pour le retour de la Staatskapelle Berlin, dirigé par celui qui en est le chef à vie depuis 2000, Daniel Barenboim. Un programme pour le moins prestigieux, avec le Concerto pour piano N° 20 de Mozart et la Symphonie N° 2 de Bruckner. Un résultat brillant, salué par une longue ovation.
Le concerto - qu'il est beau ! -, sans doute pas loin de la perfection. Alors oui, elles ont un peu raison, les petites dames qui parlaient fort l'autre fois dans la navette de retour, "il joue vite, Barenboim, ouh la la !". OK, il joue vite, et cela n'enlève rien à son brio. Il y a sa technique fabuleuse, bien sûr, mais elle ne fait pas tout. Le charme de son toucher, particulièrement la souplesse avec laquelle il passe de ces moments doux, caresses délicates qui t'enivrent, à ces vagues incroyables qui te prennent et t'élèvent, c'est ce qui m'a le plus époustouflé. Cette attaque de la partie solo dans le premier mouvement (Allegro), décollage supersonique vers la grâce ! Totalement subjugué ! - Tiens, il jouait avec le piano totalement ouvert...
Et puis Bruckner. D'un point de vue mélodique, vous ne me direz pas qu'on y gagne, hein ? Je ne le connais pas bien, c'est vrai, mais ça ne passe pas : je m'ennuie en écoutant Bruckner. Sa musique me fait l'impression de sortes de bruits de sirènes (pas celles qui font floc-floc, plutôt celles qui font pin-pon), qui se répètent et s'emplissent, pour s'achever dans quelque chose d'assez bouffi. Bon, Julien que j'accompagnais ce soir, aime bien Bruckner. Et c'est vrai que l'exécution parfaite de la Staatkapelle Berlin a réussi à donner un peu de charme à tout ça. Voire même à rendre assez joli le deuxième mouvement (Adagio) et son long moment de pizzicati.
Le petit moment sympa en plus, c'est de retrouver Edmée, malheureusement venue sans Max, resté dans les parages de Patou. Notre petit moment de mondanité, permettez ! Apparemment emballée comme nous.
Demain, c'est la suite. C'est une sorte de bis en grand. Merci Julien !
DK, le 7 janvier 2017
Amadeus live ~~ Milos Forman ~~ Les siècles pop et ensemble Aedes
La philharmonie de Paris se transforme en salle de cinéma concert et c 'est bluffant de réalisme. Un grand moment!
FB
[Concert] Sir Roger Norrington, Orchestre de chambre de Paris @ Théâtre des Champs-Elysées
- 10 février 2016
Sir Roger Norrington, Orchestre de chambre de Paris
Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonies N° 39, 40 et 41
Théâtre des Champs-Élysées
Bien joli moment de musique avec les Symphonies N° 39, 40 et 41 du "p'tit père Mozart", ses trois dernières, interprétées par l'Orchestre de Chambre de Paris, dirigé par Sir Roger Norrington. Un sacré bonhomme ! Tout de noir vêtu, il entre sur scène, trainant sa grande carcasse dégingandée et son immense sourire jusqu'à la chaise depuis laquelle il va diriger le concert. Et le voilà aussitôt lancé à vive allure - les tempos rapides sont sa marque de fabrique - vers les splendeurs Mozart. De grands mouvements de bras, tantôt nonchalants, tantôt extatiques, sacrée allure ! Et à chaque fin de mouvement, il laisse tourner sa chaise jusqu'au public, pour le gratifier d'une mimique improbable. C'est d'abord surprenant, ensuite très charmant.
Un somptueux mouvement lent dans la N° 40, l'ensemble d'une bonne facture, même ça glisse un peu sur les changements de rythme - pas une Rolls, l'Orchestre de chambre de Paris. On me dit néanmoins qu'il s'améliore de saison en saison, tant mieux !
Sir Roger Norrington, Orchestre de chambre de Paris
Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonies N° 39, 40 et 41
Théâtre des Champs-Élysées
Bien joli moment de musique avec les Symphonies N° 39, 40 et 41 du "p'tit père Mozart", ses trois dernières, interprétées par l'Orchestre de Chambre de Paris, dirigé par Sir Roger Norrington. Un sacré bonhomme ! Tout de noir vêtu, il entre sur scène, trainant sa grande carcasse dégingandée et son immense sourire jusqu'à la chaise depuis laquelle il va diriger le concert. Et le voilà aussitôt lancé à vive allure - les tempos rapides sont sa marque de fabrique - vers les splendeurs Mozart. De grands mouvements de bras, tantôt nonchalants, tantôt extatiques, sacrée allure ! Et à chaque fin de mouvement, il laisse tourner sa chaise jusqu'au public, pour le gratifier d'une mimique improbable. C'est d'abord surprenant, ensuite très charmant.
Un somptueux mouvement lent dans la N° 40, l'ensemble d'une bonne facture, même ça glisse un peu sur les changements de rythme - pas une Rolls, l'Orchestre de chambre de Paris. On me dit néanmoins qu'il s'améliore de saison en saison, tant mieux !
[Concert] Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields @ Philharmonie de Paris
- 26 mai 2016
Murray Perahia - Academy of Saint Martin in the Fields
Mendelssohn, Symphonie No 13 - Mozart, Concerto No 9 Jeunehomme - Schumann, Symphonie No 2
Philharmonie de Paris
Déception. Julien m'avait prévenu, mais je ne voulais pas accorder de crédit à son propos. Murray Perahia, au piano, ce n'est plus ce que c'était. Quelques pains plus ou moins ennuyeux un peu partout pendant son concerto (le plus gênant à l'entame du final du 3ème mouvement). Du coup, cette impression de marcher sur un fil, prêt à se rattraper pendant les déséquilibres, l'émotion en pâtit. Et pourquoi jouer si vite, si forte, les parties pour piano dans le moment lent du 3ème mouvement ? Je n'ai pas bien compris. M'enfin, je dois être totalement à côté de la plaque, puisque le public l'a applaudi à tout rompre. Probablement le même public que celui qui avait applaudi Gil Shaham à la fin du premier mouvement de son concerto de Brahms en février dernier ! (sic) (quel désastre c'était !)
En revanche, rien à redire quant aux symphonies, celle de Mendelssohn (aux consonances très baroques), parfaitement interprétée, et sans chef... Hourra ! (lancée par le premier violon, tout comme David Grimal procède avec le collectif Dissonances), et surtout celle de Schumann... Merveilleuse interprétation, où l'on retrouve toute la délicatesse de Perahia, qui a troqué le piano pour la baguette, et cela sans une vraie dose de caractère. L’œuvre l'exige. Vraiment, cette 2ème symphonie de Schumann est un ravissement pour qui demande à la musique ce qu'il y a de plus sombre dans ce qu'elle a de plus lumineux. Si c'est votre cas, elle mérite que vous l'écoutiez.
Bref, Murray Perahia, si vous me lisez, on a rendez-vous en février prochain au Barbican vous et moi, you see ? Donc là, vu le programme, ça peut, je dis bien, ça peut partir au clash entre vous et moi. Et c'est avec un profond respect et un brin d'affection que je préfère vous prévenir. Je serai avec ma soeur, je l'aime, je veux le top du top pour elle, ok ? On s'est capté ? [Smiley Clin d'oeil complice mais sans effusion] Ca maaaaaarche ! Bises !
PS : Premier post du blog, tous ne seront pas aussi bavards. Ce sont trois oeuvres que je connaissais un peu avant de les écouter ce soir, un recul qui aide à être disert.
DK, 27 mai 2016
Murray Perahia - Academy of Saint Martin in the Fields
Mendelssohn, Symphonie No 13 - Mozart, Concerto No 9 Jeunehomme - Schumann, Symphonie No 2
Philharmonie de Paris
Déception. Julien m'avait prévenu, mais je ne voulais pas accorder de crédit à son propos. Murray Perahia, au piano, ce n'est plus ce que c'était. Quelques pains plus ou moins ennuyeux un peu partout pendant son concerto (le plus gênant à l'entame du final du 3ème mouvement). Du coup, cette impression de marcher sur un fil, prêt à se rattraper pendant les déséquilibres, l'émotion en pâtit. Et pourquoi jouer si vite, si forte, les parties pour piano dans le moment lent du 3ème mouvement ? Je n'ai pas bien compris. M'enfin, je dois être totalement à côté de la plaque, puisque le public l'a applaudi à tout rompre. Probablement le même public que celui qui avait applaudi Gil Shaham à la fin du premier mouvement de son concerto de Brahms en février dernier ! (sic) (quel désastre c'était !)
En revanche, rien à redire quant aux symphonies, celle de Mendelssohn (aux consonances très baroques), parfaitement interprétée, et sans chef... Hourra ! (lancée par le premier violon, tout comme David Grimal procède avec le collectif Dissonances), et surtout celle de Schumann... Merveilleuse interprétation, où l'on retrouve toute la délicatesse de Perahia, qui a troqué le piano pour la baguette, et cela sans une vraie dose de caractère. L’œuvre l'exige. Vraiment, cette 2ème symphonie de Schumann est un ravissement pour qui demande à la musique ce qu'il y a de plus sombre dans ce qu'elle a de plus lumineux. Si c'est votre cas, elle mérite que vous l'écoutiez.
Bref, Murray Perahia, si vous me lisez, on a rendez-vous en février prochain au Barbican vous et moi, you see ? Donc là, vu le programme, ça peut, je dis bien, ça peut partir au clash entre vous et moi. Et c'est avec un profond respect et un brin d'affection que je préfère vous prévenir. Je serai avec ma soeur, je l'aime, je veux le top du top pour elle, ok ? On s'est capté ? [Smiley Clin d'oeil complice mais sans effusion] Ca maaaaaarche ! Bises !
PS : Premier post du blog, tous ne seront pas aussi bavards. Ce sont trois oeuvres que je connaissais un peu avant de les écouter ce soir, un recul qui aide à être disert.
DK, 27 mai 2016








