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[Concert] Symphonic selections Japanese video game music @ Philharmonie de Paris

- 17 juin 2017

London Symphony Orchestra, Eckehard Stier
Jonne Valtonen, Fanfare - In a Roundabout Way - Nobuo Uematsu, Final Fantasy VI - Symphonic Poem, Final Fantasy VII: Symphony (Mvt II - Words Drowned by Fireworks) - Yoko Shimomura, Kingdom Hearts - Rhapsody - Yasunori Mitsuda, Chrono Trigger/Chrono Cross
Philharmonie de Paris

Un vent de fantasy souffle sur la Philharmonie ce soir-là. La moyenne d'âge a considérablement rajeuni et le public porte barbe mal taillée, lunettes, t shirt large et casquette. Et quel enthousiasme! Même le chef, Eckehard Stier, grand échalas à la mèche disciplinée, roule des hanches quand Rony Barrak entame son solo de darbouka. Là aussi, un percussionniste au premier rang de l'orchestre, c'est inhabituel et ça fait plaisir (dit le jeune percussionniste talentueux qui est assis à côté de moi). Grand moment de recueillement lorsque l'orchestre entame, après l'entracte, la symphonie de Final Fantasy VII. Et l'on sent que le public revit les heures de jeu et de jeunesse. Nobuo Uematsu vient saluer à la fin du concert.

On aura entendu aussi le talentueux pianiste Jonne Valtonen qui est aussi l'arrangeur de ces morceaux, un tubiste rebelle qui entame un solo décalé et un duo comique avec le chef d'orchestre, des morceaux bonus qui régalent les geeks et les musicien-nes du LSO qui ont l'air de prendre grand plaisir à jouer.

On retrouve dans les compositions de Uematsu des influences communes à la musique de Joe Hisaishi, entendu la semaine précédente au Palais des Congrès pour un magnifique concert-madeleine de Proust consacré aux thèmes musicaux des films de Hayao Miyazaki. Interprétation de l'orchestre Lamoureux, dirigé par Hisaishi lui-même et en guest, marching band des musicien-nes de l'Orchestre d'Harmonie de Pantin qui a joué trois morceaux du Château dans le ciel.

Sayonara.

Ed & Elie

[Bienvenue dans l'équipe de La Désannonce, Ed & Elie !]

[Concert] Mitsuko Uchida, Bernard Haitink / London Symphony Orchestra @ Philharmonie de Paris

- 30 mai 2017

Mitsuko Uchida, Bernard Haitink / London Symphony Orchestra
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano N° 3 - Anton Bruckner, Symphonie N° 9
Philharmonie de Paris

L'un des derniers grands rendez-vous de la saison à la Philharmonie de Paris : Mitsuko Uchida, Bernard Haitink, le London Symphony Orchestra, prestigieuse distribution ! Avec Ludovic de Bonn au programme ! Toutes les conditions étaient réunies pour se taper un grand kif. Sauf que...

Le LSO attaque sur un rythme plutôt lent. Un son chaud, élégant, convaincant (hormis une flûte pas du tout au goût de Julien), mais d'emblée l'impression qu'on est dans quelque chose de très classique. Impression confirmée par les premières mesures de la pianiste. Un toucher plein de grâce, c'est certain - en particulier dans les moments en piano et pianissimo, où chaque note est claire et précise. Mais pas beaucoup d'audace. A peine plus d'émotion.

Il faudra attendre son solo - attaqué par de furieux accords plaqués avec gravité, relancés par une recherche de légèreté et de délicatesse, tourbillon de grâce, le tout conclu quasiment par une marche, superbe - pour que le talent de Uchida nous explose en pleine face. Un mouvement lent très beau, avant un rondo qui retombe dans l'excès de classicisme du premier mouvement - avec même quelques problèmes de rythme dans sa conclusion. L'oeuvre, sublime, et l'émotion de voir ces grands noms compenseront la petite déception. Une belle interprétation malgré tout, pas non plus mémorable.

Et puis la Symphonie N°9 de Bruckner en deuxième partie. Bon sang, que c'est chiant, Bruckner ! D'interminables nappes ronflantes, de la grandiloquence, et toujours cette impression que l'alarme incendie vient de se déclencher, et se déclencher encore, et encore, et encore... Ça ne passe pas : je reste totalement hermétique à sa musique.

Cool de croiser Max et Edmée pendant l'entracte. Mais le kif en plus, c'est quand même bien Madame Uchida qui vient s'asseoir dans la salle pour écouter avec nous la deuxième partie. Classe !

DK

[Concert] Simon Rattle, London Symphony Orchestra @ Philharmonie de Paris

- 20 janvier 2017

Simon Rattle, London Symphony Orchestra
Gustav Mahler, Symphonie N° 6
Philharmonie de Paris

C'est un scandale !

D'abord Fred a raison. Comme il l'a dit dans un tweet, donner la Symphonie N° 6 "Tragique" de Mahler le jour de son investiture, c'est un bien drôle d'hommage que la Philharmonie de Paris a rendu ce soir au 45th, Donald J. Trump. Quelle gageure ! Voilà bien cet antiaméricanisme primaire, sentiment constitutif de l'identité française ! Voilà comment s'exprime la reconnaissance de ce peuple de progressistes pour qui l'arrivée de ce formidable entrepreneur, "tremendous", serait une sorte de menace. Ah, l'esprit bien étriqué celui qui reproche à cet homme si bien coiffé quelques déclarations maladroites. Eh, sortez un peu de vos réflexes de communistes, les Français. On est au XXIè siècle, alloooooô !

Et qu'on ne me dise pas que Donald J. n'était pas même candidat quand ce programme a été décidé... Tss tss tss tss ! Que vous êtes naïfs ! Si vous ne comprenez pas que tout cela n'est que le résultat d'un immense complot, alors... D'ailleurs, si vous additionnez les chiffres de la date du concert, 20 janvier 2017, eh bien vous obtenez 13... 13 comme... la treizième lettre de l'alphabet, le M ! M comme... magouille ! Et voilà !

Mais ce n'est pas tout. Quelle idée de faire jouer le London Symphony Orchestra à la place de l'Orchestre de Paris ! Les gars qui décident qui va jouer sont totalement incompétents ou quoi ? Ce son précis et éclatant, des cuivres pleins de caractère, quel souffle, les incroyables moments en pianissimo des violons, quelle délicatesse, idem au pupitre des vents, les percussions, et la maitrise, l'énergie de cet ensemble... Comment voulez-vous qu'on comprenne vraiment ce qui se passe lorsque la musique de ces cent dix musiciens resplendit, nous qui sommes habitués aux prestations de l'orchestre local ? C'est pas sympa, vraiment.


Et Simon Rattle... Pardon, Sir Simon ! De l'Ordre de l'Empire Britannique, hein ? Ah ! Ah ah ! Comme Stéphane Bern, donc c'est pas non plus la peine de trop te la raconter, Sir ! Simon Rattle... Le gars nait à Liverpool, dans THE haut-lieu du football en Angleterre, voire au Royaume-Uni, voire en Europe... Là où tu as le choix dans la vie : tu peux être fan des Reds du LFC ou des Blues d'Everton... Mais non, Simon, lui, il apprend le piano, et le violon, et il part à Londres faire des études de chef d'orchestre ! La faute de goût ! Bon, d'accord, il est devenu, avec l'Orchestre de Birmingham puis avec le Berliner Philharmoniker, l'un des plus grands du monde... Mais quand même ! Non ?

Enfin, il y aurait beaucoup à dire sur ce Mahler. Voilà un homme qui compose après Bruckner, et qui se permet quand même mélodies et mélopées, un travail d'instrumentation élaboré, et d'exprimer avec tout ça de profondes émotions. Cette "Tragique" en regorge, c'est d'une vulgarité ! On voudrait jouer quelque chose de diamétralement opposé au raffinement des festivités qui ont lieu actuellement à Washington qu'on choisirait cette œuvre. Je me demande même si ce Mahler ne l'a pas composée en prévision de l'investiture de Donald Trump. D'ailleurs, si vous additionnez la valeur numérique des lettres du nom Mahler...

DK, le 21 janvier 2017