[Concert] Anna Netrebko @ Philharmonie de Paris

- 27 février 2017

Anna Netrebko, Yusif Eyvazov, Orchestre National de Belgique, Jader Bignamini
Airs de Verdi, Puccini, Leoncavallo, Giordano, Mascagni...
Philharmonie de Paris


Je crois qu'il suffit d'avoir chanté un peu ailleurs que sous la douche pour être époustouflé par l'incroyable technique de la diva Anna Netrebko - ses changements de voix, "passaggio", délirants -, par l'émotion qu'elle et son compagnon Yusif Eyvazov savent transmettre. Salle archi comble, succès total, amplement mérité.

DK, le 28 février 2017

[Concert] Fantasio (Thomas Jolly) @ Théâtre du Châtelet

- 26 février 2017

Jacques Offenbach, Fantasio
Mise en scène : Thomas Jolly
Théâtre du Châtelet


Très beau Fantasio, mené avec simplicité et élégance par Thomas Jolly et de sa troupe - Très beau moment que la rencontre entre Fantasio et Eisbeth dans une nuée d'étoiles de laquelle émerge une constellation en forme de coeur. C'est plein de vie, le spectacle vivant. C'est beau.

DK, le 27 février 2017

[Concert] Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields @ Barbican Centre

- 20 février 2017

Murray Perahia, Academy of Saint-Martin in the Fields
Ludwig van Beethoven, Coriolan (ouverture) ; Concertos pour piano N° 2 et 4
Barbican Centre (Londres)

Je me répète ? Tant pis. Le Concerto N° 4 de Beethoven est une la merveille. Et ce qu'en a fait Murray Perahia lundi dernier au Barbican Centre de Londres est tout aussi merveilleux. Ludovic de Bonn à l'honneur, même programme que lors du concert donné il y a un peu plus de deux mois à la Philharmonie de Paris. Mais une autre ville, un autre lieu, un autre jour - et le bonheur d'être accompagné par ma soeur.

Un Coriolan dans lequel l'ASMF fait parler son énergie et démontre qu'un orchestre de chambre peut parfaitement faire preuve de toute la vigueur qu'exige cette œuvre - notez, toujours pas de chef, sinon les impulsions données par Tomo Keller au premier violon. Murray Perahia rejoint les siens pour Concerto N° 2. Agréable mais pas de quoi nous soulever. J'y retrouve le Perahia du N° 4 de l'année dernière "chez nous", beaucoup d'allégresse, mais trop de notes loupées, et même quelques pains improbables - un aigu venu de nulle part dans le rondo, presque fun en fait.

A l'entracte, la petite appréhension quant à la suite du programme n'empêche pas le plaisir de quelques remarques snobs sur la salle. "L'architecture ? Oui, bon, c'est joli, c'est boisé, m'enfin c'est pas l'auditorium de la Maison de la Radio non plus... Et l'acoustique... L'acoustique ! Aucune dynamique ! Les violons nous arrivent à peine, c'est juste dingue ! Ah non mais rien-n'à-voir quoi !"

Le concert reprend, et d'emblée, Murray Perahia rassure. Son entame est précise, vive, délicate. Il s'envole, et l'orchestre le suit. D'ailleurs, il oublie totalement ce dernier, ne se consacrant plus qu'à son travail au piano. Il a raison : ce qu'il nous propose est somptueux. Dans ses parties seul bien sûr - celle du premier mouvement (allegro), qui m'a emmenée pas loin de la transe métaphysique - mais tout au long du concerto, son piano chante, illumine, sublime cette partition pleine de lyrisme. Claque totale, une émotion rarement atteinte. Je ne serai pas le seul à me lever pour acclamer Mister Perahia en fin d'interprétation. Quel grand moment !

Remarque gentille de Marie en sortant. "C'est dommage qu'il n'ait pas fait preuve d'un tel brio lors de sa venue à la Philharmonie, tu aurais pu davantage en profiter avec une meilleure acoustique." Que veux-tu, ma soeur, aussi brillants soient-ils, aussi importante que soit leur carrière, ces artistes sont avant tout des hommes et des femmes qui doivent faire avec l'instant, qu'il soit complice ou retors. Presque rassurant, finalement.

DK, le 27 février 2017

[Concert] Mariss Jansons, Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Gerhild Romberger @ Philharmonie de Paris

- 31 janvier 2017

Mariss Jansons, Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Gerhild Romberger (mezzo-soprano)
Vladimir Sommer, Antigone - Gustav Mahler, Kindertotenlieder - Sergueï Rachmaninov, Danses symphoniques
Philharmonie de Paris

La vigueur du Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks pour porter un programme profond, plein d'âpreté, encore un magnifique concert ce soir à la Philharmonie de Paris.

Deux premières œuvres empreintes de gravité : l'ouverture Antigone, oeuvre récente (1956) du compositeur tchèque Vladimir Sommer, sorte de mise sous pression assez brutale (mais cohérente), qui nous saisit et ne nous relâchera pas ; l’œuvre lyrique Kindertotenlieder (le chant des enfants morts) dans lequel Mahler exprime la douleur des souvenirs de l'enfant qu'il fut, celui d'une mère qui vit huit de ses quatorze enfants victimes d'une mortalité infantile que l'époque considérait comme inévitable. Un long chant chargé de désarroi, de colère, de rage, mais conclut par un moment d'une profonde douceur - comme si le mal était enfin exorcisé.

Troisième œuvre, la dernière de son compositeur, les Danses symphoniques de Sergueï Rachmaninov. Et me voilà encore une fois séduit par la musique de ce compositeur. La première danse est une marche, pleine d'entrain et d'inattendu : c'est d'abord le saxo qui rentre, entonne sa mélodie comme s'il partait en concerto, mais, n'allant pas plus loin que quelques mesures, il se fond à nouveau dans la masse. Quelques instants plus tard, le piano nous fait le même coup. Il entonne son chant, et hop ! il disparait. Bien charmants moments d'ironie et de légèreté. La deuxième danse est une valse, douce, contrariée - à peine - par quelques changements de rythmes, empêchant eux aussi que tout cela ne tourne trop rond. La troisième, plus moderne, aux accents hispanisants, conclue par un final plein de force - sublimement interprété par cet orchestre de très haute qualité.

Très belle soirée - prolongée par deux rappels -, et ce malgré l'absence de la chanteuse Waltraud Meier, grippée, que Julien se faisait une joie d'entendre - pas emballé par sa remplaçante. Une défection qui explique sans doute une salle un brin dégarnie.

DK, le 1er févier 2017