[Concert] Légendes @ Cité de la Musique

- 22 juin 2016

Laurence Equilbey, Karine Deshayes, Stanislas de Barbeyrac, Florian Sempey, Orchestre de chambre de Paris, Accentus
"Légendes" : Franz Liszt, Du berceau jusqu'à la tombe & Légende de sainte Cécile - Charles Gounod, Hymne à sainte Cécile & Saint François d'Assise
Cité de la musique

De la bondieuserie ! Oui, mais si le raffinement s'en mêle, pourquoi pas ? Programmation exigeante pour une première à la Cité de la Musique (j'y étais déjà venu, mais il y a si longtemps, et je n'avais alors d'attention que pour ma voisine de gauche). Le temps pour l'athée de remiser ses réticences de principe, et me laisser prendre au jeu. Tenez, rien que pour le plaisir de suivre un orchestre dirigé par une femme - là encore, un principe, bien loin de ceux des églises. Liszt, pas de quoi bondir sur nos sièges, sinon pour la voix de Karine Deshayes. Et des deux oeuvres de Gounod, c'est cet Hymne à sainte Cécile, pièce pour piano et orchestre pleine de romantisme, qui fut et restera pour moi le moment de ravissement de ce concert. Une belle soirée de musique, dans une salle qui souffrira forcément de la comparaison avec sa grande petite sœur.

DK, 23 juin 2016

[Concert] Jean-Claude Casadesus, ONL, Boris Berezovsky @ Philharmonie de Paris

- 20 juin 2016

Jean Claude Casadesus, Orchestre national de Lille, Boris Berezovsky
Giuseppe Verdi, Ouverture de la Force du destin - Frédéric Chopin, Concerto pour piano No 2 - Henri Dutilleux, Métaboles - Maurice Ravel, Boléro
Philharmonie de Paris

Lorsque le haut lieu de la musique en France propose en guise de "final" de sa saison le Boléro de Ravel joué par l'orchestre national de Lille, dirigé par Jean-Claude Casadesus, il y a comme un sentiment d'exaltation nationale dans l'air. Avec un Boris Berezovsky aux faux-airs de supporter anglais, on serait même tenté de mettre tout ça sur le compte de la compétition sportive qui a lieu dans les environs temporels et géographiques. L'illusion est de courte durée, l'heure est à la grâce. L'ouverture de la Force du destin de Verdi pour faire ronronner l'audience, le second concerto pour piano de Chopin aux deuxième et troisième mouvements bien charmants (toujours un peu trop de notes à mon goût chez Chopin). Berezovsky n'a rien du hool, n'est que délicatesse.

Puis Dutilleux. L'utilité - si ce n'est l'importance - de se mettre soi-même de côté jusque dans ce qu'on tient pour des goûts. Ici, c'est au moment de plonger dans mes idées toutes faites sur la musique contemporaine, de m'entendre me dire "Bon... Dutilleux... XXè... Allez, bon courage !", d'extérioriser tout cela dans une mimique qui suscita un petit rire entendu de mon ami F. B., c'est à ce moment donc que je me suis appliqué à me sortir par les oreilles pour mieux écouter Dutilleux - la présentation émue faite par Jean-Claude Casadesus a aidé, c'est certain. Et, de l'incantatoire au flamboyant, me suis laissé totalement convaincre par l’œuvre. Sus à tous les préjugés ! Une très jolie découverte que ces Métaboles. Curiosité titillée.

Enfin, ce Boléro. C'était une première pour nous trois, L. S.-V., F. B., et moi. Alors il faut le dire : si c'est très beau à écouter, ça l'est plus encore à vivre. Mention spéciale au groove du tromboniste.

Très heureux d'avoir assisté à un concert du "Maestro" Casadesus, homme de musique et de conviction - de gauche.

PS - DONE : me faire écarter par les gros bras locaux (très sympas après coup) dans les escalators pour laisser passer Mister Bruno Le Roux, sous-sous-sous-responsable de la gauche du capital. Question arrogance, arriver en voiture de fonction jusqu'au pied des escalators (partie piétonne) ne suffisait visiblement pas.

DK, 22 juin 2016

~ Orchestre national de Lille ~ Casadesus ~ Verdi, Chopin, Dutilleux, Ravel ~ @ Philharmonie de Paris


Dernier concert de la saison avec David K. sous les volutes automnales d'un printemps mouillé.... que la musique apaise à la porte de l'été!

F B


[Concert] Herbert Blomstedt, OdP @ Philharmonie de Paris

- 9 juin 2016

Herbert Blomstedt, Till Fellner, Orchestre de Paris
Beethoven, Concerto pour piano No 5 "Empereur" (Op. 73) - Mahler, Symphonie No 1 "Titan"
Philharmonie de Paris

Quel succès ! Et il faut le dire, c'est assez mérité. Affluence des grands soirs, pour un programme très classique de chez classique. Lorsque l'on vient écouter le plus connu des concertos pour piano de Beethoven et la plus fameuse des symphonies de Mahler, On ne part pas à l'aventure. On vient se blottir dans le sûr, dans l'appris, dans un certain confort. On ne cherche pas à être bousculé-e, mais bien plutôt dorloté-e. Et on peut le dire, le chef Herbert Blomstedt (un tout jeune homme), l'Orchestre de Paris, et l'appelé de la dernière minute, Till Fellner, venu suppléer Richard Goode, ont su parfaitement répondre à cette attente.

Un concerto interprété sur un rythme, me semble-t-il, assez lent, conférant à l’œuvre toute sa solennité. Till Fellner, dont le brio technique a un brin desservi l'inspiration artistique dans le premier mouvement, a su parfaitement profiter de l'adagio pour plonger dans le parti-pris voulu par Herbert Blomstedt, soutenu par un Orchestre de Paris très en forme : de la grâce, de la grâce, de la grâce. Ce en quoi je crois qu'il a bien raison. Malgré cela, je persiste à trouver ce concerto Empereur splendide mais un brin trop militaire - bon, si tous et toutes les militaires pouvaient être portés par autant de douceur et d'élégance...

Et puis, Titan ! Alors c'est vrai, et Fred avait vu le coup venir. Il fallait presque un "miracle" (très à cheval sur l'athéisme, il n'a certainement pas utilisé ce mot, mais je m'y aventure, tant pis) pour dépasser la lumineuse interprétation livrée par le San Francisco Symphony en début de saison - très grosse claque ce soir-là. Pas de "miracle". Par excès d'enthousiasme, je pourrais dire que ce n'est pas passé loin. Par excès inverse, que l'Orchestre de Paris a fait ce qu'il a pu. Au final, la patte de Blomstedt nous a tous conquise. A tel point que le public lui a épargné un sixième (!) rappel sur scène.

Et puis, il faut quand même le dire. De quelque côté qu'on la prenne, cette grande salle de la Philharmonie de Paris est vraiment très belle. (Du reste, pas de nouvelles du petit sifflement... Ouf ! J'en connais certains qui prêts à courir au bureau des remboursements ! En même temps, c'est pas sur du Mahler qu'il peut faire le poids... M'enfin, ouf ! quand même...)

DK, 10 juin 2016

[Concert] Lugansky, Capuçon, Kavakos @ Philharmonie de Paris

- 7 juin 2016

Nikolaï Lugansky - Gautier Capuçon - Leonidas Kavakos
Brahms, Trio pour piano et cordes No 3 (Op. 101) No 2 (Op. 87) No 1 (Op. 8)
Philharmonie de Paris

Vrai plaisir que de découvrir les trois trios pour piano, violon et violoncelle de Johannes Brahms, joués dans l'ordre inverse de leur création. Ma préférence va au No 1, sans doute le plus classique, mais dont les deux premiers mouvements (harmonies superbes de la mélodie dans le premier, l'attaque et la prestance du deuxième) m'ont totalement absorbés. Le No 2, plus sombre, parfois même torturé, est pourtant celui qui m'a le moins conquis. Le No 3 est très beau, très léger, plein d'entrain - celui que les experts et expertes en Brahms présentent comme le plus brillant, le plus Brahmsien des trois.

Bien du mal à rentrer dedans. Non pas parce qu'il était joué en premier, mais surtout parce que la musique de Leonidas Kavakos et moi, ça n'a pas collé ce soir. Je l'ai trouvé d'emblée très lourd sur son archet, un son assez gras - le pauvre, j'ai encore l'inouïe délicatesse de Gidon Kremer dans les oreilles. Je me suis longtemps demandé pourquoi il s'obligeait à jouer si fort. Alors qu'à ses côtés, Nikolaï Lugansky et Gautier Capuçon avançaient avec une délicatesse qui ne les a pas quittés de toute la soirée. Peut-être avait-il besoin de se chauffer, je l'ai trouvé beaucoup plus doux sur les trios suivants. (Sans non plus frissonner... Si ce n'est pour une ou deux faussetés, pas dramatiques, mais assez nettes... Ok, des influences amicales me rendent très exigeant en la matière...)

PS : Aie ! Il y a comme une sorte de bruit parasite, un petit sifflement, comme l'ultrason d'un moteur (d'une clim ?), qu'on perçoit de temps en temps. Inquiétant (pénible bien sûr, mais un éventuel point d'appui pour les grincheux réacs qui n'attendent que ça, que la modernité affiche des faiblesses pour lui rentrer dedans). A surveiller...

DK, 8 juin 2016